Paris : mobilisation pour Abdoulaye, menacé d'expulsion et en danger de mort en Guinée

Paris : mobilisation pour Abdoulaye, menacé d'expulsion et en danger de mort en Guinée

ÉLAN DE SOLIDARITÉ - Depuis mardi 13 septembre, Abdoulaye, étudiant à Paris 1 et réfugié guinéen, est détenu dans le centre de rétention de Vincennes après avoir été contrôlé sans papiers. Une association étudiante est montée au créneau et demande sa régularisation, avec désormais le soutien de l’université.

Abdoulaye peut être expulsé à tout moment. Depuis le 13 septembre dernier, cet étudiant guinéen en deuxième année de licence d’AES à l’université Paris 1 est détenu au centre de rétention administrative de Vincennes. Il avait été contrôlé sans papiers à la Gare de Lyon et avait été immédiatement conduit dans cet établissement. Il est aujourd’hui sous le joug d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). 


Les associations étudiantes sont rapidement montées au créneau. Le Réseau université sans frontières (RUSF) a lancé mercredi une pétition sur la plateforme Change.org pour réclamer la libération et la régularisation d’Abdoulaye. Ce jeudi, elle récoltait déjà 745 signatures sur les 1000 escomptées. "Abdoulaye est donc toujours au centre de rétention et peut être expulsé vers la Guinée Conakry très prochainement, alors qu'il risque une répression politique mortelle !", peut-on lire sur le site.

"En cas de retour en Guinée, je risque ma vie"Abdoulaye

Une demande d’asile a été déposée auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) dans le cadre d'une procédure d’urgence après l’échec de plusieurs recours, notamment auprès du tribunal administratif samedi dernier. "En cas de retour en Guinée Conakry, je risque ma vie, je risque d’être tué", explique le jeune homme dans le récit qui accompagne sa demande et que LCI s’est procuré. Pourquoi, alors, n’avait-il pas fait de demande d’asile plus tôt ? "Ça a été très compliqué, explique-t-on au RUSF. Il essaye de déposer sa demande depuis des mois, mais les tribunaux sont surchargés et il a été mal conseillé".


Abdoulaye est arrivé en France en avril 2016, après avoir fui la répression politique en Guinée. "Je militais dans un parti politique, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG)", explique-t-il dans sa lettre. Le jeune homme assure qu'il avait coordonné la grande marche pacifique du 4 avril 2013. "A la fin de cette journée, j’ai commencé à recevoir des menaces de mort par téléphone. Aux environs de 2 heures du matin, ma famille a reçu une visite musclée des militaires qui étaient à ma recherche", détaille-t-il dans sa lettre. Il décide alors de quitter son pays. S’en est suivi tout un périple passant par le Maroc, l’Europe et enfin la France. Le jeune homme de 25 ans devait faire sa rentrée scolaire à la fin du mois de septembre.

Le président de l’université le soutient

Selon nos informations, le président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne George Haddad a appelé le préfet de police en personne mercredi matin pour affirmer le droit d’Abdoulaye à poursuivre ses études. "L’université s’est en effet saisie du dossier et demande la régularisation de sa situation", confirme-t-on à la faculté. Dans un e-mail envoyé entre autres au RUSF et que LCI s’est procuré, Georges Haddad affirme faire "tout ce qui est son pouvoir pour aider ce jeune homme". 


Des soutiens qui redonnent de la force à Abdoulaye. "C'est une situation très dure, moralement et physiquement. Mais une telle mobilisation m'apporte de la joie et du réconfort", nous a-t-il confié par téléphone. Un rassemblement de soutien est justement prévu ce samedi devant le centre de rétention de Vincennes.


Le RUSF insiste sur le fait que le cas d’Abdoulaye n’est pas isolé. "Tous les vendredis (jour où le Réseau se réunit, ndlr) une dizaine d’étudiants en situation irrégulière vient nous voir. Ils ne peuvent pas avoir d’emploi officiel et vivent dans la peur constante du contrôle. La préfecture demande qu’ils aient un parcours scolaire exemplaire pour les régulariser. Mais leurs conditions de vie rendent difficile le bon déroulement de leur scolarité."

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