Paris : retirés des ponts, les cadenas d'amour bientôt vendus aux enchères au profit des réfugiés

Paris : retirés des ponts, les cadenas d'amour bientôt vendus aux enchères au profit des réfugiés

SOLIDARITÉ - Ces derniers mois, quelque 65 tonnes de cadenas et de grilles ont été retirées du pont des Arts et du pont de l'Archevêché à Paris. Au printemps prochain, une partie d'entre elles, 10 tonnes exactement, sera revendue aux enchères au profit des réfugiés.

Paris se vide de ses "cadenas d'amour". Près de deux ans après l'annonce du "nettoyage" des ponts parisiens de leurs célèbres cadenas, que les couples aimaient à accrocher pour sacraliser leurs liens, l'opération touche à sa fin. Au début de la semaine prochaine, les 34 vitres de verre antireflet destinées à les empêcher d'être posés auront toutes été installées sur le pont de l'Archevêché, qui aura au total été débarrassé de 20 tonnes de cadenas. Il y a un an et demi, 45 tonnes avaient déjà été retirées du pont des Arts.

Mais alors, que faire de ces 65 tonnes de cadenas entreposées dans des locaux de la Ville ? "Ils seront vendus aux enchères au printemps prochain", nous indique-t-on au service de presse de la mairie de Paris. La vente se déroulera au Crédit municipal de Paris. Selon cette même source, les acheteurs pourront acquérir les objets par cinq ou dix, voire la grille toute entière. Le tout à un prix "accessible". 


Même si l'on ne connaît pas encore le prix de vente exact d'un cadenas, on sait déjà à qui reviendront les bénéfices. "Ils seront reversés à des actions en faveur des réfugiés", indique sur Twitter Bruno Julliard, premier adjoint à la mairie chargé de la culture. Le service de presse est plus précis en évoquant un reversement "à la politique de prise en charge sociale des réfugiés à Paris", sans pour autant s'étendre sur le sujet. Si la vente aux enchères est un succès, une deuxième pourrait suivre. Et si ça n'emballe pas les foules ? "Les cadenas pourraient alors être fondus."

Des questions de sécurité

Il y a quelques mois, Bruno Julliard avait justifié la décision de retirer ces cadenas qui, selon la mairie, "bouch(aient) les perspectives sur la Seine, une des plus belles perspectives au monde classée par l'Unesco. C'est un atout patrimonial majeur pour Paris", avait-il ajouté. Il y a aussi la question de la sécurité puisque "les cadenas, ce sont des centaines de kg et les panneaux tombent".


"Nous avons envie que Paris demeure la capitale du romantisme et de l'amour, que les couples amoureux du monde entier viennent à Paris, c'est une ville très romantique et particulièrement la Seine et ses ponts mais il faut aussi protéger ce patrimoine. On peut déclarer sa flamme autrement que par un cadenas", avait-il conclu. Aujourd'hui, des "rondes" sont organisées deux fois par semaines pour retirer les nouveaux cadenas pouvant être installés. Des consignes ont également été données aux guides touristiques pour sensibiliser les touristes. De quoi refroidir les plus romantiques.

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