Pas de rassemblements à Paris, les Restos du coeur tournent au ralenti

Pas de rassemblements à Paris, les Restos du coeur tournent au ralenti

SECURITE - C’est l’une des conséquences de l’arrêté préfectoral qui interdit les rassemblements sur la voie publique : les associations qui effectuaient des distributions de nourriture sur la voie publique, comme les Restos du cœur, ne peuvent plus le faire. L’association a annoncé avoir suspendu provisoirement ses distributions. Mais elle reste mobilisée pour que le retour à l’ordre se fasse le plus vite possible.

Vous les avez peut-être aperçus, un soir, en passant à République ou vers gare de l’Est : des longues files de personnes, attendant, pour se faire servir un repas chaud. Hommes, femmes, personnes âgées, enfants. Ils sont parfois à la rue, parfois logés mais en très grande précarité. En famille, ou seuls. Ils n'ont pas les moyens de s'acheter de quoi manger, et viennent ici trouver de quoi se remplir le ventre. Mais depuis samedi, plus rien. 

Car c’est l’une des conséquences, très concrète, de l’état d’urgence décrété par François Hollande à la suite des attentats de vendredi : le préfet a pris un arrêté interdisant provisoirement tous les rassemblements dans l’espace public. Elle cible à l’origine manifestations ou rassemblements populaires, pour éviter à la fois les mouvements de foule et le risque de nouvelles attaques. Mais de fait, elle oblige les Restos du cœur à suspendre temporairement les activités de distributions de nourriture sur la voie publique. L’association a publié la nouvelle via un communiqué sur son site internet.

"On gère au jour le jour, un peu dans l’urgence"

En temps normal à Paris, des associations humanitaires, Restos du cœur en tête, assurent la distribution de repas chauds pour les personnes en situation difficile. L’association de Coluche a plusieurs leviers d'action, dont les Camions du cœur : des camionnettes, réparties en une dizaine d’endroits fixes dans la capitale (d’Invalides à Nation, en passant par République, Denfert-Rochereau ou Saint-Lazare). Les personnes en difficulté y viennent manger, mais aussi se retrouver, discuter. Chaque point accueille environ 250 personnes, chaque soir. Et chaque année, ce sont environ 2,8 millions de repas qui sont distribués. 

Depuis le début de semaine, ces distributions sont annulées au fur et à mesure. "Les équipes sont sur le pont, mais on gère au jour le jour, un peu dans l’urgence, toujours en lien avec la préfecture, pour s’adapter à toute évolution de la situation", explique le service de presse des Restos à metronews. La priorité reste d’alerter les bénévoles, et les bénéficiaires." Ceux-ci s’adaptent en direct. Lorsque les distributions de rue sont annulées, des volontaires vont tout de même sur le site habituel, informer les sans-abri. Et les incitent à se rapatrier vers les centres fermés de l’association, où des repas sont assurés. Mais les capacités d’accueil y sont bien plus limitées.

Les maraudes continuent

Un autre dispositif a cependant pu être maintenu, malgré l’état d’urgence : les maraudes, ces petites équipes qui partent vadrouiller dans les rues, directement à la rencontre des personnes à la rue, en leur proposant de quoi manger. Un dispositif plus léger, plus mobile, mais qui touche aussi moins de monde. Les Restos veulent donc être le plus réactifs possible. "Dès que les consignes préfectorales auront évolué, nous reprendrons le plus vite possible l’intégralité de nos actions d’aide envers les plus démunis", précise l’association. Car dans les faits, certains habitués n’ont pas vraiment mangé depuis samedi dernier.

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