Pétition, syndicats : Myriam El Khomri tente de déminer sur tous les fronts

Pétition, syndicats : Myriam El Khomri tente de déminer sur tous les fronts

REFORME – La ministre du Travail Myriam El Khomri s'est efforcée jeudi 25 février de défendre sa réforme du Code du travail auprès des organisations représentatives et des citoyens, postant notamment un long commentaire en forme d'explication sur la pétition en ligne contre son projet publiée sur la plate-forme Change.org.

Déminage tous azimuts. Alors que la fronde continue d'enfler contre la réforme du Code du travail de Myriam El Khomri, la ministre s'efforce de défendre son texte auprès des organisations représentatives comme des citoyens, dont plus d'un demi-million ont d'ores et déjà signé la pétition en ligne de Caroline de Haas sur la plate-forme spécialisée Change.org.

Plus tôt, la ministre du Travail avait reçu la CFDT et la CFE-CGC, ouvrant le cycle des rencontres avec les syndicats et le patronat sur le texte. "La ministre nous a bien écoutés. Elle ne nous a pas donné de réponses sur ce qu'elle peut et veut changer car elle attend de recevoir tout le monde", a commenté à sa sortie Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT. Les deux organisations ont toutefois brandi la menace d'une mobilisation si des modifications n’étaient pas apportées au texte d'ici le 3 mars. Est notamment souhaité le retrait du plafonnement des indemnités prud'homales, ainsi que des mesures "qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs".

Un débat "salutaire" abordé... dans les grandes lignes

Une fois ce premier round de négociations entamé, qui devrait permettre de définir les amendements susceptibles de modifier le projet de loi, Myriam El Khomri a donc pris la plume sur la plate-forme de pétition en ligne Change.org. Après avoir jugé le débat "salutaire", la ministre a attaqué de front : "Si certaines affirmations de cette pétition sont vraies, de nombreuses autres sont fausses et beaucoup sont incomplètes. Or un débat de cette importance doit s'appuyer sur des informations précises".

A l'instar du compte Twitter @loitravail, censé expliquer avec pédagogie le projet, la ministre du Travail n'en a en fait évoqué que les grandes lignes : "plus de pouvoir à la négociation collective", "de nouveaux droits aux salariés", renvoyant, d'un lien, au site sur l'avant-projet de loi. Avant de conclure : "Cette loi permettra à notre pays de se doter d'une véritable culture du compromis au plus près des salariés et des employeurs".

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Pétitionnaires dépités, syndicats sur le qui-vive

La réponse ne s'est pas faite attendre. "La ministre nous remercie d’avoir ouvert le débat. Nous comprenons donc que la tentation du 49-3, un temps abordée, est définitivement écartée pour ce texte. Bonne nouvelle !", écrit à son tour Caroline de Hass dans un commentaire posté dans la foulée. "Sur le fond, sincèrement, nous sommes dépité-e-s, poursuit l'instigatrice de la pétition, citant pêle-mêle le manque de réponses de la ministre sur "la fin de fait des 35 heures, les apprenti-e-s mineur-e-s, le fractionnement des heures de repos pour les cadres" ou encore sur "la possibilité de plans sociaux sans réelles difficultés économiques".

Les réponses devraient cependant venir au fur et à mesure des négociations engagées avec les organisations représentatives parmi lesquelles le Medef, la CGPME et l'UPA, pour le patronat et la CGT, FO, la CFTC et l'Unsa côté syndicats. Aucun agenda n'a pour l'instant été transmis pour ces discussions mais celles-ci devraient intervenir rapidement au vu de l’ultimatum lancé par la CFDT et la CFE-CGC et la date de présentation du texte en Conseil de ministre, fixée au 9 mars prochain.

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