PHOTOS ET VIDEOS - Fronde anti-CPE il y a dix ans : c'était comment ?

PHOTOS ET VIDEOS - Fronde anti-CPE il y a dix ans : c'était comment ?

RETOUR SUR - Alors que plusieurs organisations étudiantes appellent à se rassembler, mercredi à 14 heures, place de la République à Paris contre le projet de loi Travail du gouvernement, retour en photos et en vidéos sur le mouvement anti-CPE, qui avait mobilisé la jeunesse en 2006. Jusqu'au retrait du texte soutenu par le Premier ministre d'alors, Dominique de Villepin.

Le projet de la Loi Travail "trahit la jeunesse". Le mot est de William Martinet, président de l’Unef, premier syndicat étudiant. La jeunesse contre Hollande ? Le raccourci est sans doute court, et trop rapide, aujourd’hui. Mais, alors qu’un rassemblement est prévu cet après-midi contre la loi Travail, à l’appel des organisations de la jeunesse (Unef, SGL, Unl et Fidl pour les lycéens), beaucoup évoquent la révolte contre le CPE, il y a dix ans , qui avait fait plier l'exécutif sur ce contrat "première embauche" destiné aux moins de 26 ans. Retour sur ces semaines de forte tension sociale.

En 2006, Dominique de Villepin, alors Premier ministre, sort de son chapeau le CPE, nouveau type de contrat à durée indéterminé. Celui-ci, censé favorisé l’embauche des jeunes, prévoit une "période de consolidation" de deux ans durant laquelle l'employeur peut rompre le contrat de travail sans en donner le motif.

La Sorbonne bloquée

Le texte, qui figure dans le projet de loi pour l’Egalité des chances, est voté par l’Assemblée nationale dans la nuit du 8 au 9 février 2006. Pour ce faire, Dominique de Villepint utilise l’article 49-3 de la Constitution, permettant un vote bloqué. A l’époque, l’opposition de gauche dénonce un "passage en force". Et appelle les Français à se mobiliser.

Les étudiants entendent bien le message. Le 18 février, une coordination nationale d'étudiants se réunit à Rennes II pour lancer le mouvement. Les campus se mobilisent, les AG s’enchaînent, des piquets de grève se votent, des facs se bloquent. Un mois plus tard, le 7 mars, 39 universités sont en grève, 400 000 à 1 million de personnes dans la rue.


Le 10 mars, 84 universités sont en grève. Certaines sont totalement bloquées.


La Sorbonne, lieu symbolique, a été investie par des manifestants réclamant l’abrogation de la loi. 


Dans la nuit du 10 au 11, ils sont évacués par les forces de l’ordre. Les CRS interdisent l’accès de la place et des alentours jusqu’au 24 avril.


Au niveau national, les étudiants repartent dans la rue le 14 mars, puis le 16 mars, sans faiblir.


Des petits groupes mènent des actions coup de poing, comme le blocage de trains, de rocades ou de voies rapides. Le samedi 18 mars, une journée nationale de manifestations rassemble, dans 160 villes de France, voit entre 530 000 et 1,5 million de personnes manifester.

Les "conditions ne sont pas réunies"

Les syndicats embraient alors. Le 28 mars, puis le 4 avril, des grèves interprofessionnelles prennent la suite, dans 32 villes de France.


Le 31 mars, soit la veille de la promulgation de la loi, le président Jacques Chirac intervient à la télévision, annonçant qu’il valide le texte, tout en demandant la modification les clauses qui "posent problème". Pas de quoi apaiser le climat social. Les grèves continuent.


Mais dans les facs, à l’approche des examens, des tensions apparaissent entre ceux qui veulent lever le blocage et reprendre les cours, et ceux qui veulent poursuivre le combat coûte que coûte.

Par exemple à Nantes, le président de l'université de Lettres, Sciences Humaines et Langues, François Resche, en vient à parler aux étudiants, le 13 avril, où un référendum sur la reprise des cours a dû être annulé suite au blocage du bâtiment. Il annonce la reprise des cours.


Ou à Caen, le 10 avril : des étudiants débarquent en AG, proposant la reprise des cours.

Le 10 avril, Dominique de Villepin annonce que les "conditions ne sont pas réunies" pour que le CPE s'applique. Sonnant la fin de son projet - et des mouvements sociaux.

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