Pocheco, l’entreprise où rien ne se perd et tout se transforme

Pocheco, l’entreprise où rien ne se perd et tout se transforme

ENVIRONNEMENT – Initiatives, entreprises, projets... dans le cadre de son partenariat avec le prix Entreprise pour l’environnement (EPE), "metronews" vous parle d’économie circulaire chaque semaine jusqu’en mars. Aujourd’hui, focus sur une PME nordiste, leader dans la fabrication d’enveloppes, et qui a assuré sa survie grâce à l’écologie, le tout recyclage et la circularité.

C’est l’histoire d’un succès made in Nord-Pas-de-Calais. A Forest-sur-Marque plus précisément, petite commune de la périphérie de Lille, 1500 habitants au compteur. Une PME, Pocheco, leader français dans la fabrication d’enveloppes à fenêtre pour l’assurance maladie ou le Crédit agricole, défraye depuis quelque temps la chronique. La raison ? La conversion écologique de l’usine a permis de relancer l’activité de la société, d’améliorer la productivité et de sauver 114 emplois dans la région française où le taux de chômage est le plus élevé – 12,2% en janvier 2016. A tel point qu’entrepreneurs, chercheurs et étudiants (et réalisateurs !) se pressent au portillon pour étudier ce "laboratoire de l’économie circulaire".

Du dépôt de bilan à la rentabilité

Car Pocheco, créée en 1975, revient de loin. En 1997, quand Emmanuel Druon, PDG nordiste de la société et auteur de Ecolonomie. Entreprendre sans détruire (réédition Actes Sud, 2016) prend les rennes de l’usine, la situation est catastrophique : l’entreprise est au bord du dépôt de bilan, et du harcèlement moral est exercé à l’encontre de certains employés. Pourtant, Emmanuel Druon ne baisse pas les bras. Collectivement, l’entreprise "réécrit son projet" en prenant la voie de l’efficacité énergétique (et économique), du tout recyclage et d’un management respectueux.

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"C’était une question de survie", confie l’entrepreneur contacté par metronews. Colle, encres, papier, etc : la société choisit alors la qualité et des produits écolos pour fabriquer ses enveloppes. "On s’est rendu compte qu'abandonner la chimie complexe pour des encres à l’eau, revenir à des produits plus simples, nous permettait d’abaisser la pénibilité, la dangerosité et les coûts des postes. Et chaque investissement produisait des effets positifs sur nos finances", explique encore Emmanuel Druon, dont Libération a tiré le portrait cet été.

Une usine (presque) zéro déchets

Et ça marche ! Quinze plus tard, l’entreprise frôle aujourd’hui les 22 millions d’euros de chiffre d’affaires – avec une progression de 3% par an – et fait valoriser ses déchets papier qui lui rapportent 300.000 euros tout en produisant près de 2 milliards d’enveloppes blanches et marrons chaque année. "On a essayé de trouver un moyen d’entreprendre sans détruire : 99% de nos déchets sont des ressources", poursuit le patron de Pocheco.

Mais la circularité de l’usine ne s’arrête pas là. Depuis le début des années 2000, le pécule amassé a été investi dans 1.400 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits, eux-mêmes végétalisés (et avec des ruches), trois cuves qui permettent de recueillir 100m3 d’eau de pluie et un système de climatisation et de chauffage qui, ensemble, ont permis de faire diminuer la facture énergétique de l'usine, etc. L’entreprise pense aussi au reboisement, selon les dires de son PDG. "Quand on coupe un arbre, on en replante quatre en Finlande", précise Emmanuel Druon. Pour le bien de la planète, de son entreprise et de ses salariés.

EN SAVOIR+ >> Un Nordiste à la pointe de l'Ecolonomie

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