Polémique sur un centre pour SDF dans le 16e : il lutte pour le projet face aux opposants "déchaînés"

Polémique sur un centre pour SDF dans le 16e : il lutte pour le projet face aux opposants "déchaînés"

RENCONTRE - Georges Ben Samoun est à l’origine d’une pétition et d’un collectif de militants du 16e arrondissement pour la création d’un centre d’hébergement d’urgence pour sans-abris en bordure du Bois de Boulogne, ce projet qui enflamme une partie des habitants du quartier. Il explique sa démarche à metronews.

Il nous donne rendez-vous dans un café du 16e, L’Empire, Boulevard Exelmans, où il a ses habitudes de militant. "D’autres établissements du quartier nous refusent en prétextant qu’ils n’acceptent pas les réunions politiques", assure-t-il. Georges Ben Samoun, engagé à gauche dans un quartier largement acquis à la droite, s’est trouvé un nouveau combat à rebrousse-poil du cliché "conservateur" de l’arrondissement : ce septuagénaire impliqué au sein du PS local ou de la Ligue des Droits de l’homme du 16e - mais il a déménagé depuis quelques années dans le 15e voisin - bataille pour que le centre d’hébergement d’urgence pour sans-abris que l’Etat et la mairie de Paris veulent ouvrir cet été en bordure du Bois de Boulogne voit effectivement le jour. Et ce malgré la (très) franche hostilité des riverains et de la mairie du 16e.

"Des hurlements de haine"

La fameuse réunion d’information organisée le 14 mars à l’université Paris-Dauphine, au cours de laquelle les insultes ont fusé depuis les rangs fournis des opposants au projet, Georges Ben Samoun l'a très mal vécue. "C’était horrible, ils étaient presque 2.000, nous une centaine de partisans, raconte l’ancien chef d’entreprise. On a vu des gens déchaînés qui remettaient en cause tout ce qui est la démocratie, des hurlements de haine…" Certaines phrases l’ont particulièrement marqué. "Cela allait de la plus mauvaise foi à la peur bourgeoise de sans-abris qui pour eux sont forcément des méchants, avec des propos du type : ‘Je n’oserai plus aller promener mon chien au Bois de Boulogne'. Sur leurs pancartes, ils avaient écrit 'Pas de nouveau Sangatte', ce qui est un mensonge : même si des migrants peuvent aussi appeler le 115, le centre est destiné à accueillir les SDF".

Mais c’est deux jours plus tôt, après avoir eu vent d’une première réunion houleuse organisée à la mairie, qu’il avait créé un collectif pour soutenir le projet, avec à l’appui une pétition lancée sur change.org . "Avec quelques militants, nous nous sommes dit qu’on ne pouvait pas laisser croire que le 16e, ce n’était que ces gens-là, explique-t-il. Il y a évidemment ici beaucoup d’habitants animés par des sentiments de justice et de solidarité".

"On ne s'interdit rien"


Pour l’heure, même si Georges Ben Samoun estime que "la grande majorité des habitants du 16e sont contre ce qui s’est dit à Dauphine", sa pétition peine à franchir le cap des 1500 signatures (dont un quart d’habitants du 16e selon lui). Très loin des 40.000 signataires de l'appel  'Refusons un Sangatte dans le Bois de Boulogne " du maire Les Républicains du 16e Claude Goasguen. Le collectif militant de Georges Ben Samoun n’en est toutefois qu’à ses balbutiements : il tiendra jeudi soir sa première réunion, dans les locaux du PS. "Nous sommes indépendants de tout  parti politique, mais nous allons où on veut bien nous accueillir car nous n’avons pas les moyens financiers de nos adversaires", souligne-t-il . Surtout, une autre pétition lancée parallèlement pour le centre d’hébergement par de jeunes élus de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) a de son côté connu un succès fulgurant après la parution d’un article dans Le Parisien : elle rassemblait jeudi près de 49.000 signatures. Et les deux pétitions, mises en relation par change.org, devraient fusionner.

"L’essentiel, c’est que l’on soutienne tous la mairie de Paris et la préfecture afin que ce projet se concrétise, conclut Georges Ben Samoun : il n’est pas possible qu’une fois encore le 16e, où l'on ne compte à l'heure actuelle que huit places en hébergement d’urgence, ne prenne pas part à l’effort social". Son collectif pourrait-il organiser une manifestation dans les rues calmes de l'arrondissement ? "On ne s’interdit rien, sauf la violence. Nous ne cherchons pas la bagarre avec les opposants."

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