WC bouchés, cafards et punaises, voitures cassées : qui est le grand gagnant du "pire commissariat de France" ?

WC bouchés, cafards et punaises, voitures cassées : qui est le grand gagnant du "pire commissariat de France" ?

EN COLÈRE - Plusieurs collectifs de policiers organisent samedi une manifestation, dans sept villes de France. Ils dénoncent leurs conditions de travail. Pour ouvrir les yeux de leur hiérarchie, ils avaient lancé un jeu concours. Le grand gagnant du "pire commissariat de France" sera connu samedi.

Qui est le grand gagnant du jeu concours ? Suspens... Et, c’est sûr, les résultats n’ont pas dû être faciles à départager, tant le nombre de candidats a été élevé. Pour quelle récompense les participants se battaient-ils ? Tenez-vous bien... Pour le titre de "pire commissariat de France". 


C’était en effet la thématique du grand "jeu concours" lancé début août par l’Union des policiers nationaux indépendants (UPNI). Avec une volonté affichée : ouvrir les yeux, alerter, dénoncer les conditions de travail des policiers. Les yeux du grand public, mais surtout, ceux de leur hiérarchie. Le classement et les photos seront dévoilés ce samedi, en même temps que se tiendront des manifestations des policiers excédés, dans sept villes de France. Avec la liste très précise des commissariats où les clichés ont été pris.

Ce qui est d’ores et déjà acquis, c’est que le concours "Le quotidien du policier" a tristement bien marché. Plus de 700 clichés et des dizaines de vidéos ont été envoyés. "Nous avons reçu des centaines de clichés éloquents qui traduisent et mettent en lumière les difficultés des policiers à faire leur travail, raconte l’association. Malheureusement, c’est déplorable. Un triste succès." Et, à mi-parcours, l’UNPI avait dévoilé quelques-unes d’entre elles, déjà, très parlantes. Que ce soit des toilettes bouchées...

Des voitures bien abîmées...

Des locaux compliqués...

D’autres, comme cette voiture sans porte, qui vient pourtant d’être réparée, prêteraient presque à sourire...

Des vidéos postées par des policiers évoquent des trous dans les carrosseries de voitures jamais réparées, des policiers qui roulent sans porte, voire sans freins. Mais aussi des locaux insalubres, des sièges cassés, des cafards dans les vestiaires, des policiers qui attrapent la gale. 

D’autres commissariats, se trouvent inscrits d’office. Et peuvent prétendre facilement au titre de champion toutes catégories. Comme celui de Vitry, repéré par Le Parisien, "fermé exceptionnellement pour cause d’infection d’insectes nuisibles", indique le panneau qui prévient la clientèle, dans l’entrée...  Fou.


Questionnées sur ce concours cet été, les autorités ont réagi avec parcimonie. Interrogée par TF1 mi-août, la Direction de la police nationale s’était interrogée sur la pertinence de ces photos. Se demandant si elles étaient récentes ou représentatives. 

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’en était lui tiré par une pirouette, le 31 août dernier. "Il y a toutes les réalités aujourd'hui en France : à la fois des installations qui sont magnifiques et d'autres qui sont très dégradées", a commenté Gérard Collomb, lors d'un déplacement à Beauvais (Oise). Le ministre a demandé à être jugé sur ses "actes" : "Il y a trois mois que je suis là. En trois mois, je n'ai pas repeint de mes petites mains tous les commissariats de toute la France".

En vidéo

Un concours de photos dénonce la vétusté des équipements de la police

C’est surtout ça que dénoncent ces policiers : l’impression de n’être pas entendus, d’une hiérarchie déconnectée du terrain. Dans un communiqué publié le 3 septembre dernier, l’association a répondu à son ministre de tutelle. Et cela pourrait être résumé en un mot : "marre". "Les flics français en ont marre d’être la 5e roue du carrosse, d’être humiliés, et trainés dans la boue à la première occasion, de travailler avec des matériels pourris, recyclés ou comme 'venus du tiers monde'", écrit l’UNPI. "Marre de travailler sur la quantité et non la qualité. Marre de rafistoler des brigades avec les gars d’une autre, de faire des heures supplémentaires non payées et qu’ils ne peuvent pas récupérer. Marre pour ceux qui sont en déplacement 200 jours dans l’année, d’être logés au milieu des puces, des punaises et des rats !" "Nous sommes sur une poudrière", concluent les policiers, qui demandent "des états généraux de la sécurité, d’urgence".


L'association, qui se veut "apolitique et asyndicale", est née dans le sillage du mouvement de grogne des policiers en octobre 2016 après l'attaque de deux des leurs au cocktail Molotov à Viry-Châtillon. Et pour eux, aujourd’hui, rien n’a changé.

Ce sont trois associations et collectifs, l’UNPI, la FFOC (Femmes des forces de l'ordre en colère), la MPC (Mobilisation des policiers en colère) qui appellent samedi les policiers à se mobiliser. Ils ont rendez-vous à 13h au Champ-de-Mars devant la tour Eiffel, et dans six autres grandes villes de France. 

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