Pollution de l'air : les particules fines particulièrement dangereuses pour les enfants

Pollution de l'air : les particules fines particulièrement dangereuses pour les enfants

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ENVIRONNEMENT - Plusieurs médecins, scientifiques et ONG tirent à nouveau la sonnette d'alarme sur les dangers de la pollution de l'air, rappelant qu'elle entraîne 48.000 décès prématurés par an en France et qu'elle touche notamment les enfants.

A mions d'une semaine de l'entée en vigueur de la vignette Crit'Air obligatoire à Paris, des médecins, des scientifiques et des ONG tiennent, une nouvelle fois, à alerter les autorités sur les dangers de la pollution de l'air. Une pollution qui entraine 48.000 décès par an en France et qui touche particulièrement les enfants, selon les spécialistes. Un chiffre équivalent aux 49.000 morts dues à l'alcool.


Pour eux l'affirmation selon laquelle la pollution touche surtout les personnes âgées et malades est "fausse". Pourtant, la pneumopédiatre Jocelyne Just, cheffe du service d'allergologie pédiatrique à l'hôpital Armand-Trousseau, rappelle que la croyance collective veut qu'"on pense que l'air s'améliore, que la pollution", alors qu'il n'en est rien.

Des répercussions sur la croissance pulmonaire in utero

Les particules, "principalement d'origine automobile, vont très loin dans les poumons" et "peuvent avoir une répercussion sur l'avenir respiratoire" d'un enfant sain, a souligné la professeure lors d'une conférence de presse. "Même in utero, il y a une répercussion sur la croissance pulmonaire à venir", a-t-elle ajouté. L'enfant respire plus vite que l'adulte et va inhaler plus de polluants. Son appareil respiratoire "est immature" et il est fréquemment "à côté des sources de la pollution", par exemple lorsqu'il est en poussette, continue-t-elle. 


Le pneumologue Jean-Philippe Santoni a, pour sa part, rappelé que les poumons d'un enfant sont "matures vers sept ans". Selon lui, "la pollution de fond a un impact sanitaire beaucoup plus important" que les pics. Il a rappelé qu'elle est "un facteur de risque ou d'aggravation" de maladies respiratoires comme l'asthme ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive. En effet, celle-ci pénètre dans l'organisme "non seulement par inhalation, mais aussi par la peau", d'où des dermatites, "et par ingestion", a expliqué la Pr Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche à l'Inserm.

Un appel à une "révolution écologique"

Pour cette raison, France Nature Environnement, et notamment son porte-parole, Benoit Hartmann a réclamé une "révolution écologique" avec un développement du feroutage et des transports en commun, une réforme de la fiscalité en faveur des "pollués" ainsi qu'un aménagement du territoire permettrant de rapprocher le lieu de travail du domicile. Quant au Réseau Action Climat a indiqué avoir mis à la disposition des élus locaux un guide pour des villes moins polluées.


Dans ce guide, consultable ici, l'ONG propose quatre leviers d'actions pour réduire la pollution de l'air : interdire ou limiter de manière permanente la circulation de certains véhicules, la réduction de la vitesse de circulation à 30km/h en agglomération, la création de zones "à circulation apaisée" et enfin, une meilleure gestion du stationnement pour rééquilibrer le partage de la voirie

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