Pour dénoncer un refus de prêt, il interdit son restaurant aux banquiers (mais accepte les chiens)

Pour dénoncer un refus de prêt, il interdit son restaurant aux banquiers (mais accepte les chiens)

FALLAIT PAS L'ENERVER - Les banques ont refusé de le financer pour qu'il puisse lancer sa deuxième affaire ? Alexandre Callet, déjà patron d'un restaurant gastronomique à Rueil-Malmaison, a décidé de leur répondre à sa façon. Car l'opacité du système bancaire, cela fait un moment que le jeune homme la dénonce. En 2011, déjà, Metronews l'avait interviewé. A l'époque, le jeune homme voulait se présenter à l'élection présidentielle...

D'entrée de jeu, l'ardoise donne le ton "Chiens acceptés, banquiers interdits (sauf droit d'entrée de 70.000 euros)". A Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) Alexandre Callet a choisi la provocation pour dénoncer le refus de crédit dont il a fait l'objet, pour lancer sa deuxième affaire. Comme le rapporte Le Figaro , le jeune homme avait besoin de 70.000 euros, les banques le lui ont refusé. Pourtant, sa première affaire, un restaurant gastronomique, est rentable et ses premiers emprunts, remboursés. Mais rien n'y a fait : malgré ses multiples demandes, une seule banque lui a répondu, et par la négative. Les autres n'ont même pas pris le temps de lui répondre. "Restaurateurs, entrepreneurs, nous sommes tous dans la même situation : à chaque fois que nous souhaitons lancer un business, nous devons nous mettre à quatre pattes", explique au quotidien le restaurateur, avant de l'assurer : "aujourd'hui, les banquiers ne font pas leur métier".

Et son initiative est loin de passer inaperçue, comme le prouvent les nombreux messages de soutiens sur Twitter, y compris chez les politiques, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon qui a salué mercredi matin la provocation du trentenaire :

Ironie de l'histoire : Alexandre Callet n'est pas un novice en matière politique, et pas vraiment du bord du leader du Front de gauche. En 2011, Metronews avait dressé le portrait d'Alexandre Callet, déjà à la tête des "Ecuries de Richelieu", recommandé dans le guide Michelin et cité par le Gault Millau. Et à l'époque, le jeune homme nourrissait un rêve : être élu... président de la République française. Le jeune homme, qui s'est construit seul, à force de labeur, nous le précisait à l'époque : il n'avait pas de référence politique, aucun ancrage local. Juste l'envie, tenace, de faire bouger les choses. Pour y parvenir, il avait lancé son propre parti, "France Unité", site à l'appui. Mais le jeune homme n'était pas parvenu à récolter suffisamment de parrainages, mettant ainsi un terme à sa candidature. Son site, en tout cas, n'est plus accessible. 

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"Mon innocence a été anéantie par leur système absurde"

Son bord politique ? Difficile à dire. "Je préfère le discours de vérité, au-delà des étiquettes, le libéralisme et le communisme sont deux théories qui vont dans le mur", nous expliquait-il alors. Sa bête noire : les fonctionnaires, bien trop nombreux selon lui. A l'époque, Il voulait geler leur salaire, supprimer 80.000 postes par an, privatiser les entreprises publiques, Pôle emploi, et revenir aux 39 heures. Son rêve ? Liquider la "maison dorée" du Sénat pour reverser "300 millions d'euros au profit des étudiants boursiers".

D'un autre côté, il militait pour que l'Etat nationalise certaines banques pour "remettre de l'ordre dans le système". Car à l'époque, il nous racontait déjà ses mésaventures avec les banques, pour monter son restaurant. A chaque fois, cette même réponse : "Votre dossier comporte trop d'incertitudes pour que nous puissions y donner une suite favorable". "Mon innocence a été anéantie par leur système absurde, nous expliquait déjà Alexandre Callet. On demande de mettre sa maison en hypothèque, de provisionner 300.000 euros de garanties sur un compte d'épargne. Mais qui prend des risques ?" A force d'acharnement, le jeune homme était parvenu à obtenir son prêt. Il n'aura pas eu la même opportunité avec sa deuxième affaire.

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