Pour réduire vos déchets, adoptez des poules "recycleuses"

Pour réduire vos déchets, adoptez des poules "recycleuses"

ENVIRONNEMENT – Initiatives, entreprises, projets... dans le cadre de son partenariat avec le prix Entreprise pour l’environnement (EPE), "metronews" vous parle d’économie circulaire chaque semaine jusqu’en mars. Aujourd’hui, on vous explique pourquoi l’adoption des gallinacés se généralise pour éliminer les surplus de détritus.

Qui a dit que les poules devaient se cantonner à leur rôle de "pondeuses" voire de décoration champêtre ? Presque omnivores – elles peuvent manger du gras de jambon, des coquilles d’huîtres comme toutes les épluchures –, nos amies gallinacées sont en effet très efficaces pour réduire les déchets bio-organiques, en picorant en moyenne près de 150 kilogrammes de détritus par an.

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Or, dans de nombreuses villes et régions françaises, les poubelles débordent. Selon les chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), un Français produisait environ 570 kg de déchets ménagers par an en 2013. C’était moins qu’en 2011 (590 kg par an), mais toujours beaucoup trop. Pour atteindre l’objectif "zéro déchets", leur fonction de "recycleuses" pourrait donc s’avérer fort utile. 

"Adopter la poule attitude"

Fort de ce constat, de plus en plus de collectivités locales, de Roubaix à Colmar en passant par Pierre-Bhénite dans le Rhône, Pincé dans la Sarthe ou la communauté de commune de Podensac en Gironde incitent les particuliers à adopter des poules – voire leur louent directement afin de diminuer les surplus de déchets communaux depuis quelques années. Dans les Hauts-de-Seine par exemple, Chatillon est première commune de la région parisienne à avoir mis en place l’opération "Adopter la poule attitude".

Ainsi, depuis 2014, la municipalité propose à 20 foyers d’adopter deux poules et un poulailler pour trois ans (et pour 20 euros) pour évaluer à titre d’expérimentation la quantité d’ordures ménagères recyclée. Et selon Julien Billiard, chargé de mission écoresponsabilité et prévention des déchets à la mairie, les poules ne présentent que des avantages par rapport à d’autres animaux de compagnie. "L’idée reçue concernant les poules en milieu urbain, c’est que ça pue et que c’est bruyant… Pourtant, entre les aboiements et l’entretien des trottoirs, elles génèrent bien moins de nuisances que les chiens", expliquait-il à M le mag.

Consommer des œufs bios frais

Partout ailleurs, les initiatives de ce type se multiplient. Car une poule permet également de consommer des œufs bios frais – l'animal en pond 150 par an. A Lille, par exemple, l’association qui gère la ferme pédagogique Dhénin propose depuis 2014 de prêter pendant six mois deux poules afin de sensibiliser les familles au recyclage. Uniques conditions : posséder un jardin assez grand – pour installer un poulailler, il est recommandé de compter 0,5 m² par poule pour l'abri en dur et 5 m² par poule pour le "parcours" –, faire attention aux éventuelles nuisances sonores ou odorantes,  et entretenir correctement les gallinacées.

Plus ambitieux, le syndicat de traitement des déchets Sirmotom de la communauté de commune Montereau-Fault-Yonne en Seine-et-Marne a, lui, lancé depuis 2013 l’opération "Deux poules et un poulailler pour réduire nos déchets". L'objectif est, à termes, de réduire considérablement la production déchets organiques des trois communes. Et ça marche. D'ailleurs, certains candidats aux élections municipales de 2014 ou aux élections régionales de 2015 en ont fait une proposition de campagne notamment à Colmar ou en Île-de-France . Des poules aux œufs d'or ?

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