Pourquoi certaines personnes ne s'excusent-elles jamais ?

Pourquoi certaines personnes ne s'excusent-elles jamais ?

PSYCHO – metronews fait le tour de tous ces comportements qui vous tapent sur le système chez les autres... mais aussi chez vous. Appelés à la rescousse, des experts vous expliquent le comment du pourquoi. Enfants, vie quotidienne ou en voiture, tout y passe.

Au début, un désaccord anodin qui, sous la violence d'une réflexion de votre amie Sarah, écorne un peu la relation. Bonne âme, vous prenez sur vous et lui laissez un peu de temps pour s'excuser, tout du moins, admettre que sa réaction était disproportionnée. Mais, comme ma sœur Anne, vous n'avez rien vu venir. Pas l'ombre d'un "désolée". Jamais.

Olivier Clerc, conférencier, formateur, spécialiste du pardon et auteur de Peut-on tout pardonner, aux éditions  Eyrolles , décrypte en trois points ces pénibles moments de solitude.

► Ce qui se passe
"Les amateurs de la série NCIS connaissent tous la maxime de l'agent Gibbs ''ne vous excusez jamais''. Pour beaucoup de gens en effet, le fait de s'excuser est déjà un signe de faiblesse. Dans notre société, quand on est suffisamment fort, il est inutile de demander pardon, quitte à se frayer un chemin dans la vie, à coups de machette, si nécessaire. Tout part d'une incroyable incompréhension, ce sont bien ceux capables de s'excuser, qui font preuve, contrairement à ce que l'on croît d'une grande force. A l'image du roseau et du chêne, quand le premier sait ployer et composer avec les événements, le second trop rigide finit par casser." analyse Olivier Clerc. Je ne sais pas vous, mais moi, je connais quelques chênes qui feraient bien de gagner en souplesse...

► Ce que l'on ressent
"Sous couvert de passage en force, c'est d'ignorance dont il est question car les personnes agissant ainsi ne perçoivent pas le prix que leur coûte leur attitude, à savoir, de garder énormément de ressentiment et de malaise. Tout ce qu'elles suscitent aux autres et à être constamment dans des rapports de force contribue à façonner une carapace, qui occulte tout signe de douceur existant ou d'empathie. Ceux qui s'enferment dans ces comportements y perdent en qualité d'échanges, en qualité de vie et de rapport aux autres. Plus une personne se retranche dans son armure, plus on a envie de taper dessus. A l'inverse, ne dit-on pas que faute avouée est à moitié pardonnée ? Face à l'honnêteté de celui qui reconnaît ses fautes, comment par réaction, ne pas faire preuve de compréhension ?" demande le spécialiste du pardon. Mon Jules a parfaitement compris l'intérêt d'avouer ses âneries. Mais à la vitesse où il en fait, mon stock de compréhension pour 2016 ne passera pas l'hiver.

► Comment s'en sortir
"Enfant, on acquiert un grand nombre de compétences fondamentales en jouant. Une fois grand, tout devient sérieux avec son lot de rigidité désolante. Pourtant apprendre à s'excuser peut passer par le jeu. Vous avez pris l'habitude dans toutes les circonstances de fonctionner par la colère ou en étant cassant. Et si de manière ludique vous décidiez pendant une heure voire une journée de faire autrement, de passer de l'autre côté. On a besoin d'espaces de jeux où l'on peut expérimenter d'autres façons d'être, sans danger. Les ateliers de développement personnel servent à ça. Il faut peut-être aussi avoir parcouru un certain chemin et subit les conséquences des passages en force pour réaliser qu'il y a des choses à changer. A méditer : un homme commence à trouver que son père ne s'est pas si mal débrouillé le jour où son fils commence à lui faire ses premiers reproches." conclut-il. Je me verrai bien dans un jeu de rôle où mon boss prendrait ma place quand, d'une humeur plus que maussade, il débarque au bureau.

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