Pourquoi en 2015 le nombre de décès en France n’a jamais été aussi haut depuis l'après-guerre

Pourquoi en 2015 le nombre de décès en France n’a jamais été aussi haut depuis l'après-guerre

ETUDE - Alors que l’Insee lance jeudi 21 janvier aujourd’hui sa grande enquête de recensement, l'institut publie ce mardi une étude sur l’évolution démographique en 2015. Constat marquant : en 2015, le nombre de décès a enregistré un fort pic de croissance.

Décidément, 2015 aura été une année noire jusqu’au bout. Le nombre de décès a été record en 2015. Le taux de mortalité n’a jamais été aussi fort depuis l’après-guerre.  C’est ce que révèle l'Insee ce mardi, alors que l'institut lance jeudi une nouvelle campagne de recensement de la population française.

Au 1er janvier 2016, la France compte 66, 6 millions d’habitants, dont 64, 5 en métropole. Globalement, la population continue d'augmenter : elle est en hausse de 0,4% en 2015, soit 247.000 personnes en plus. Le nombre de naissances diminue légèrement par rapport à 2014 (– 19.000) et s’établit à 800 000 en 2015.

Un nombre de décès jamais atteint depuis l'après-guerre

Mais surtout, donc, le nombre de décès augmente fortement, après deux années de recul. En 2015, le pays a enregistré 600.000 décès, soit une hausse de 7,3% (+ 41.000 morts) par rapport à 2014. Evidemment, sont surtout touchés les "âges élevés" et les décès sont principalement liés "à des conditions épidémiologiques et météorologiques peu favorables", explique l'Insee. Quoi qu'il en soit, la tendance a un impact direct sur le solde naturel, soit la différence entre les nombres de naissances et de décès, qui est le plus faible en France depuis 1976.


Trois épisodes de surmortalité ressortent de cette étude. "Tout d’abord, les trois premiers mois de l’année 2015 ont été marqués par 24 000 décès supplémentaires par rapport à la même période en 2014", note l’Insee. En cause, un épisode grippal long, de 9 semaines, a eu un "impact relativement sévère chez les personnes de 65 ans et plus". Le vaccin n’a pas été efficace sur certains virus, et, surtout, la couverture vaccinale des personnes âgées a baissé. Autre pic en juillet 2015, un mois caniculaire : 2 000 décès supplémentaires ont eu lieu par rapport au même mois l'année précédente. Enfin, 4 000 personnes supplémentaires sont décédées en octobre 2015 par rapport à octobre 2014, probablement en raison des vagues de froid survenues au milieu du mois.

L'espérance de vie en baisse

Au-delà de ces constats, ce surcroît de mortalité a un effet direct sur l’espérance de vie à la naissance : elle diminue "nettement", à la fois pour les femmes (– 0,4 an) et pour les hommes (– 0,3 an). Elle s’établit à 85 ans pour les femmes et 78,9 ans pour les hommes. Pas de panique pour autant : sur le long terme, l’espérance de vie à la naissance a tendance à augmenter, précise l’Insee, même si "des baisses ont déjà été observées par le passé".

Autre constat, l’espérance de vie des femmes habituellement plus élevée que celle des hommes, a tendance à stagner. "L'écart entre femmes et hommes a crû tendanciellement durant 30 ans, pour atteindre plus de 8 années entre 1976 et 1995", explique l'Insee. "Depuis cette date, il se réduit sous l’effet de gains d’espérance de vie masculins légèrement supérieurs aux gains féminins." En 2015, l’espérance de vie des femmes à la naissance est supérieure de 6,1 ans à celle des hommes. Et la population continue de vieillir : au 1er janvier 2016, 18, 8% de la population a 65 ans ou plus. Une part qui a augmenté de 2,4% en 10 ans.

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