Pourquoi la demande de libération de Jacqueline Sauvage a (encore) été rejetée

La libération de Jacqueline Sauvage

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DÉCRYPTAGE - Ce jeudi 24 novembre, la justice a encore rejeté la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage. LCI a eu accès, dans l'après-midi, aux motivations de l'arrêt de la cour d'appel de Paris. On vous explique pourquoi la sexagénaire, devenue symbole des violences faites aux femmes, doit finalement rester en prison.

La libération pour Jacqueline Sauvage ? Ce n'est pas encore pour tout de suite. Bien qu'elle bénéficie d'une grâce présidentielle partielle, la sexagénaire, condamnée en décembre 2015 à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent et incestueux, s'est vue refuser, une nouvelle fois, sa demande de libération conditionnelle. Une décision en appel qui intervient trois mois seulement après un premier refus de la part du tribunal d'application des peines de Melun. Et qui déjà provoque le courroux de ses nombreux soutiens, personnalités ou anonymes.

Alors, pour quelles raisons la cour d'appel de Paris a-t-elle rejeté la demande de Jacqueline Sauvage ? Les motivations exprimées dans l'arrêt, que LCI a pu se procurer, nous aident à y voir plus clair. En réalité, si la cour d'appel reconnaît que le parcours de la condamnée "en détention est globalement exempt de toute critique" et que Jacqueline Sauvage n'est ni "dangereuse", ni dans un "risque de récidive, elle invoque tout de même deux raisons principales à son refus. 

"Elle n'a pas réalisé qu'il existe 'une autre victime'"

D'abord celle-ci : Jacqueline Sauvage reste, selon les juges, "dans le déni de sa volonté homicide". Dernièrement, elle aurait à nouveau déclaré "n'avoir jamais voulu tuer son mari", alors même "qu'elle a volontairement tiré à trois reprises sur son mari qui se tenait assis de dos". Dans ses motivations, l'arrêt souligne aussi "le manque d'empathie qu'elle manifeste à l'égard de la victime et de la famille de celle-ci". Selon les juges de la cour d'appel, un suivi psychologique pourrait permettre à la condamnée d'améliorer "son travail d'introspection". Hélàs, toujours selon eux, "cette prise en charge par une psychologue s'avère très récente".

Ce qui nous amène à la seconde motivation de l'arrêt : l'aspect prématuré de cette demande de libération conditionnelle. Pour les juges, "au-delà du phénomène de la médiatisation du dossier, l'évolution très rapide de la situation pénale de Jacqueline Sauvage ne lui a pas permis d'intégrer la gravité des faits criminels pour lesquels elle a été récemment déclarée coupable". Condamnée en première instance puis en appel à dix ans de prison, la sexagénaire s'est en effet retrouvée propulsée en symbole de la cause des femmes battues, avant d'être grâciée et de voir se réduire considérablement son horizon carcéral. "Cela n'a pas permis à Jacqueline Sauvage de réaliser qu'il existait une 'autre victime'". 


Attendra-t-elle quelques temps avant de déposer une nouvelle demande de libération ? C'est bien ce que les juges l'enjoignent à faire. Mais ses avocates, à la mi-journée, ont assuré ne pas avoir encore pris de décision quant à la suite des événements. Et n'excluent pas de se pourvoir en cassation afin de contester cet arrêt. 

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