Pourquoi les enfants écoutent-ils plus leurs grands-mères que leur mère ?

Pourquoi les enfants écoutent-ils plus leurs grands-mères que leur mère ?

PSYCHO – Les grands-mères ne sont pas à la fête que lorsqu'il s'agit de leur trouver une idée de cadeau. Bien souvent, les enfants leur obéissent beaucoup plus facilement qu'à leurs parents, au grand dam de ces derniers... A l'occasion de la fête des grands-mères 2016, metronews vous explique les ressorts de cette relation particulière.

Quand j'entends ma mère parler de mes enfants, j'ai toujours l'impression qu'en fait, il ne s'agit pas des miens. Obéissants, sages, mangeant de tout et filant au lit sans faire d'histoires, y a pas, elle a un truc ! Forcément, parce que moi au quotidien, c'est l'enfer avec mes petits monstres. J'ai beau savoir qu'être parent, c'est le plus beau job du monde, j'ai hâte d'être grand-mère !

Anne Bacus , psychologue clinicienne, sexologue, psychothérapeute et auteur de Traitez les comme des mômes ! (Marabout) décrypte en trois points ces pénibles moments de solitude.

► Ce qui se passe
''Les parents ont de plus en plus de mal à se faire obéir de leurs enfants. Dans la mesure où ils ne respectent pas les règles, les parents se fâchent. Deux cas de figure : soit les adultes renoncent mais s'en veulent, soit ils tiennent bon et ça tourne au drame. Mais étonnamment, quand leurs petits sont chez les grands-parents, les parents sont souvent sidérés d'apprendre que tout fonctionne sans heurt. Deux mécanismes se mettent en place." 
1  "L'enfant sait parfaitement qu'il peut jouer sur certaines cordes émotionnelles avec sa mère mais que celles-ci ne fonctionneront pas sur sa grand-mère. La manipulation tient au lien très particulier qu'entretient l'enfant avec ses parents."
2  "En face, les grands-parents sont beaucoup plus détendus, n'ayant plus de charge éducative. De plus, ils n'ont pas besoin d'être aimés tout le temps et du coup ils gèrent mieux les colères. Dans la mesure où les tentatives n'aboutissent pas, les petits-enfants ne donnent pas suite", analyse Anne Bacus.

Bon, ce qui me rassure, c'est qu'un jour ma petite Emma, elle aussi aura des enfants ! Et là, elle comprendra. 

► Ce que l'on ressent
"Dans une telle situation, les parents ressentent de l'étonnement (tant le quotidien peut être conflictuel), mais de la réassurance aussi. Ils ont la preuve que leurs enfants sont capables de bien se tenir chez les autres, que ce qu'ils leur inculquent fonctionne. Dans le même temps, ils éprouvent de l'envie, se demandant pour quelles raisons ce n'est pas ainsi chez eux, mêlée à de la culpabilité. Ce dernier sentiment renvoie à l'incompétence. Pourquoi n'y arrive-t-on pas ? Que font-ils mieux que nous ? Coincés dans tout ce ressenti, les parents n'osent pas demander aux leurs, mais comment faites-vous ? Pour ne pas passer pour ceux qui ne savent pas. C'est ainsi, il y a des liens affectifs qui génèrent un rapport de force naturel, c'est le cas dans la relation parents / enfants. Ce type de conflit autour de l'obéissance, de la règle fait partie du job de parents", rappelle-t-elle.

Confier Emma à ma mère, c'est un peu comme si je retournais en enfance. Un bain de Jouvence dont je me passerais bien... des fois. 

► Comment s'en sortir
"Il faut se dire que la situation est normale et qu'il n'y a pas lieu de chercher un coupable. Personne ne doit s'en vouloir. L'enfant joue le jeu qui est le sien avec sa mère, chacun restant à sa place. Soyez positif. Je rappelle qu'il est rassurant que cela se passe bien chez les grands-parents. Si cela devait être aussi conflictuel qu'à la maison, il y aurait alors un problème. Prenant sur eux, sans doute, les parents doivent montrer à leurs petits qu'ils sont fiers d'eux, de leurs comportements, qui prouvent qu'ils peuvent être exemplaires", rassure la psychologue.

Vivement que je sois grand-mère !

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