Poussins broyés : 19.000 euros d'amende pour le couvoir du Finistère et son gérant

Poussins broyés : 19.000 euros d'amende pour le couvoir du Finistère et son gérant

SCANDALE – Un couvoir breton et son gérant ont été condamnés ce mardi 8 mars par le tribunal correctionnel de Brest à une amende de 19.000 euros pour mauvais traitement envers des animaux. L’association de défense animale L214 avait dévoilé, en novembre dernier, une vidéo choc sur les conditions de mort de centaines de poussins.

Les images donnent la nausée. Diffusées en novembre 2014 par l’association de défense animale L214, elles montrent des poussins broyés par centaines, jetés sur des tas d’ordures, étouffés dans des sacs-poubelle. Le tout est filmé au couvoir Saint François à Saint-Hernin (Finistère), par un employé, en caméra cachée.

Un établissement aujourd’hui au cœur de la tourmente. Visé par une plainte de la part de l’association - qui estime à 100.000 le nombre de poussins ainsi tués en l'espace d'un an - le couvoir a été reconnu coupable de mauvais traitement envers des animaux et condamné ce mardi 8 mars par le tribunal correctionnel de Brest à une amende de 15.500 euros.

Relaxe

Son dirigeant Daniel Glevarec écope quant à lui d'une amende de 800 euros. Et échappe à la peine d'emprisonnement de six mois avec sursis initialement requise par le parquet : le patron a en effet  été relaxé du principal chef de prévention, à savoir "destruction volontaire et sans nécessité d'animal domestique".

Pour sa défense, le gérant du couvoir n’a eu de cesse de dénoncer un acte de "calomnie".  Et de marteler, suggérant que ses employés ne respectaient pas les consignes : "Jamais de la vie je n’ai prôné ce genre de technique, mais je n’étais pas derrière les salariés". Le couvoir Saint-François est-il susceptible aujourd’hui de poursuivre son activité ? En tout cas, la fermeture de l'établissement n’est pas à l’ordre du jour. Selon une dernière mise à jour en date de janvier 2016 sur le site societe.com, le couvoir apparaît en effet toujours en activité. Un changement cependant : dans la description de son savoir-faire ne figure plus la commercialisation de poussins. Place à présent à "la culture de céréales et de légumineuses".

"Dans le couvoir d'à côté"

Jointe par téléphone peu avant le verdict par metronews, l’équipe du couvoir se montre taiseuse. Au bout du fil, une dame, qui annonce d’emblée qu’elle "ne répond plus aux journalistes". Mais finit par confirmer que "depuis le montage de la vidéo, le couvoir ne commercialise plus de poussins". Compte-t-elle s’y remettre un jour ? La réponse est catégorique : "Non, on n’en fera plus du tout." Voilà qui devrait rassurer l'association L214, qui, depuis, a tourné ses caméras vers les abattoirs et déclenché un nouveau scandale à Alès.

Mais Brigitte Gothière, porte-parole de l'organisation contactée par metronews ce mardi, n'ose pas encore crier victoire. "C'est déjà pas mal que la procédure judiciaire soit allée jusqu'au bout et que notre plainte n'ait pas été classée sans suite, comme cela arrive souvent", confie-t-elle. "C'est bien, aussi, que le couvoir ait été reconnu coupable de mauvais traitements. Mais tant que les habitudes alimentaires ne changeront pas, les animaux seront toujours maltraités. Ce qui ne se passe plus dans ce couvoir, se passe dans le couvoir d'à côté".

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