Prison ferme pour les ex-salariés de Goodyear : "Ignoble", "honteux", "choquant", pour la gauche

Prison ferme pour les ex-salariés de Goodyear : "Ignoble", "honteux", "choquant", pour la gauche

JUSTICE – Des salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord ont été condamnés à 24 mois de prison dont neuf fermes pour la séquestration de deux de leurs dirigeants. A gauche, les critiques fusent.

"Ignoble". "Une honte". Les critiques pleuvent à gauche, après l'annonce de la sentence. Mardi matin, huit anciens salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, qui avaient séquestré en 2014 deux dirigeants de leur entreprise pendant 30 heures, ont été sévèrement condamnés mardi, à 24 mois de prison dont 15 avec sursis. Soit 9 mois de prison ferme. Le parquet avait requis contre chacun d'entre eux une peine de deux ans d'emprisonnement, soit un an "ferme aménageable" et un an de sursis, lors de l'audience du 24 novembre. Deux des salariés ont également été condamnés pour violences en réunion, sans écoper de peines supplémentaires.

Les réactions n'ont pas tardé à gauche. C’est "ignoble", a ainsi estimé le chef de file du Front de gauche à l'Assemblée nationale, André Chassaigne. "C'est une honte. Quand j'ai appris cette condamnation, je me dis que véritablement le fait de criminaliser l'acte syndical prend une dimension qu'on ne pouvait pas imaginer", a-t-il déclaré. "Que l'on puisse condamner à neuf mois de prison ferme des salariés qui ont défendu leur outil de travail, qui soi-disant ont fait preuve d'une forme de violence, alors que d'autres au jour le jour pratiquent une violence autour du tapis vert pour supprimer des centaines, des milliers d'emplois, je trouve que c'est véritablement une décision judiciaire qu'on ne peut pas accepter, qui est ignoble".

Condamnations à gauche

Même au sein du gouvernement, des critiques fusent. Comme la secrétaire d'Etat Pascale Boistard, qui pour l’occasion a bravé l'usage qui impose à un membre du gouvernement de ne pas critiquer une décision de justice. «Au-delà des fonctions et responsabilités, devant une si lourde condamnation, je ne peux qu'exprimer mon émotion fraternelle», a -t-elle écrit sur Twitter.


Au PS toujours, Yann Galut, député du Cher, trouve la décision "choquante".


Même ton pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.


Jean-Luc Mélenchon, chef de file du Parti de gauche, met en cause la ministre de la Justice Christiane Taubira.


Le député européen (PG) reproche à la ministre d’avoir laissé le procureur maintenir les poursuites, malgré le retrait des plaintes déposées par la direction de Goodyear. Selon l’AFP, la fédération PS de la Somme a demandé à la ministre de la Justice Christiane Taubira d’intervenir auprès du parquet "pour ce cas particulier", afin de "revoir cette décision choquante pour obtenir une réquisition d’apaisement".

Un "coup de colère", pour les salariés

Entre le 6 et le 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines ainsi que le directeur de la production avaient été retenus dans les locaux de l'usine de pneumatiques que plusieurs dizaines de salariés avaient occupée avant de les laisser partir. A la barre, tous les prévenus avaient évoqué "un coup de colère" face à une direction qui "n'apportait aucune réponse" à la "détresse sociale" dans laquelle se trouvaient les salariés de cette entreprise de 1.143 salariés, fermée quelques jours après.

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