Quand l’extrême droite récupère la cause animale

Quand l’extrême droite récupère la cause animale

BIEN PRATIQUE – Populistes et autres frontistes, grands défenseurs des animaux ? Oui, quand ça les arrange. Car sous la défense farouche de la dignité animale existe une sensibilité à géométrie variable fort utile.

La vidéo est devenue virale en quelques heures. Ces deux défenseurs des animaux, filmés en train d’arracher un chiot des mains de son maître sans abri, ont provoqué l’indignation des internautes. L’animal, selon les militants, "était drogué par le Rom". Une explication aux relents d’extrême droite, que d’anciens postes Facebook de l’association viennent renforcer. A metronews ce mercredi soir, l’auteur des faits n’hésitait pas à affirmer que… "certains Roms mangent des chats."

EN SAVOIR +
>> La vidéo d'une association de défense animale fait scandale

>> Une enquête ouverte après les violences

Et ces militants sont bien loin d’être les seuls à prendre la cause animale pour excuse, en légitimation d’un discours xénophobe ou raciste. En septembre 2013, un fait divers circule en masse, accusant des personnes d’origine immigrée de tuer des chats avec des pétards, dans la ville de Roubaix (Nord). L’information est en fait un "hoax" inventé de toute pièce et hébergé sur le site d’extrême droite dreuz.info.com.

Engelmann et les "rescapés de l'Aïd"

De la même manière, le Bloc Identitaire (groupuscule d’extrême droite)  revient régulièrement et toujours très longuement sur la viande halal et sur "la souffrance, la longue agonie des animaux", une pratique qui, selon le groupe, sert "à financer la construction des mosquées". Quant à Fabien Engelmann, maire Front national d’Hayange (Moselle), il se fend ce mercredi d’un tweet où chacun peut le voir prenant la pose à côté de quatre moutons, "rescapés de l’Aïd el-Kébir".

Une soudaine amitié pour les moutons qui n’empêche pas l'édile de célébrer dans sa ville la fête du cochon. Alors, cette posture n’est-elle qu’une récupération politique en bonne et due forme ? Pour Bénédicte Laumond, doctorante en sciences politiques au centre Marc-Bloch en Allemagne, il s’agit plutôt d’un procédé "bien utile".

Se soucier des moutons et fêter le cochon

Interrogée par metronews, elle explique : "Le lien entre l’extrême droite et la défense de la cause animale n’est pas nouveau. C’est une mécanique qui s’observe d’ailleurs dans différents pays européens. En France, il s’illustre par exemple à travers le combat de Brigitte Bardot, très proche du Front national et qui défend bec et ongles la cause animale."

Un discours plein de contradictions, comme le détaille la sociologue : "On entend rarement les élus FN défendre la cause vegan. Par ailleurs, ils peuvent aussi bien soutenir les pêcheurs et les chasseurs, pas forcément exemplaires en matière de cause animale. En fait, ils voient la défense de la dignité animale au prisme de leurs intérêts politiques." Un phénomène connu donc, enraciné et pas si anecdotique que ça, à l’heure où une association de défense des animaux n’hésite pas à violenter un sans-abri, au prétexte de sauver son chien.

A LIRE AUSSI >> FN : quand Florian Philippot et Brigitte Bardot roucoulent à La Madrague

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques