Rassemblement de l'UOIF à Lille : qui sont ces prédicateurs qui créent le malaise ?

Rassemblement de l'UOIF à Lille : qui sont ces prédicateurs qui créent le malaise ?

POLÉMIQUE - De nombreuses voix se sont élevées avant l'organisation à Lille, dimanche 7 février, d'un rassemblement placé sous l'égide de l'UOIF auquel doivent participer 5000 personnes. En cause : l'invitation de plusieurs prédicateurs connus pour des propos contraires aux valeurs républicaines. Des invitations polémiques qui ont fini par être annulées.

MISE À JOUR - Les participations des trois prédicateurs, le Syrien Mohamed Rateb Al-Nabulsi, le Marocain Abouzaïd Al-Mokri et le Saoudien Abdallah Salah Sana'an, ont finalement été déprogrammées de la réunion de l'UOIF. Une décision prise "en réponse à la polémique et dans un souci d'apaisement", a fait savoir ce mardi soir le président de l'UOIF, Amar Lasfar. Et peut-être, aussi, sous la pression du ministère de l'Intérieur. Dans un communiqué , Bernard Cazeneuve a prévenu l'UOIF que "tout propos tombant sous le coup de la loi donnera lieu à des poursuites immédiates et fera l’objet des sanctions appropriées".

Des voix qui s'élèvent contre les "prédicateurs de haine". A cinq jours de la "9e Rencontre annuelle des musulmans du Nord", organisée par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), les appels se multiplient pour demander au ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, l'interdiction du rassemblement. En cause : des invités au passif très polémique.

Appel à manifester

Lundi, le député Nicolas Dupont-Aignan (DLF) a appelé l'UOIF à "déprogrammer ses intervenants qui prêchent la haine", sans quoi "la République devra prendre ses responsabilités et interdire cette manifestation". "Je ne peux pas supporter […] qu'on laisse s'exprimer des orateurs qui portent dans leurs paroles la négation même du pacte républicain", a affirmé, dans le même sens, le député PS Jérôme Guedj. Dans un communiqué publié mardi, le FN a également dénoncé "une provocation insupportable et un crime contre la sécurité nationale".

Laurence Marchand-Taillade (PRG), présidente de l'Observatoire de la laïcité dans le Val-d'Oise, est aux premières loges dans cette mobilisation. Elle appelle à une manifestation à Lille, le 7 février , jour de la conférence, contre "les prédicateurs antisémites, sexistes, homophobes et pro-jihad". Selon la responsable politique, certains invités n'auraient d'ailleurs pas reçu de visa pour venir en France. 


Al-Nabulsi : "Le châtiment de l'homosexualité est la peine de mort"

Parmi les invités qui posent problème, les opposants à la conférence de l'UOIF citent le Syrien Mohamed Rateb Al-Nabulsi, prédicateur médiatique, dont une vidéo qui circule largement en ligne résume ses positions sur l'homosexualité. "Le châtiment de l'homosexualité est la peine de mort", clame le religieux. Selon l'Observatoire de l'islam politique, l'homme s'est également illustré par une fatwa de 2007 appelant à "tuer l'apostat", le blasphème étant une forme d'apostasie. Fin 2014, il qualifiait la coalition internationale contre l'Etat islamique de "coalition mécréante". Sur son site Internet, le prédicateur résume également sa position sur le statut de la femme , censée passer sa vie au foyer et parler aux hommes "à travers un rideau".

Al-Mokri : "Le complot juif n'a pas de limite"

Invité du rassemblement, le député islamiste du PJD marocain Abouzaïd Al-Mokri est connu, selon l'Observatoire de l'islam politique, pour ses propos antisémites. "Les juifs ont une capacité incroyable à détruire les nations, y compris chrétiennes, de l'intérieur. Ils possèdent les médias et les salles de cinéma", a-t-il notamment déclaré, jugeant que "le complot juif n'a pas de limites". Il est également connu, de l'autre côté de la Méditerranée, pour des propos contre les Berbères.

Parmi les autres invités, le Saoudien Abdallah Salah Sana'an, proche lui aussi des Frères musulmans, Nabil Enassri, président du Collectif des musulmans de France, soutien de l'islamologue controversé Tarik Ramadan, et Tarik Ramadan lui-même. D'autres personnalités sont attendues à ce rassemblement, dont Pierre Mathiot, délégué interministériel auprès de Najat Vallaud-Belkacem. Sollicité par l'AFP, Amar Lasfar, le président de l'UOIF, a défendu ses intervenants. "Ce sont des universitaires qui ont fait leurs preuves", avait-il estimé, ce mardi, avant d'annoncer en fin de journée, que les invitations étaient finalement annulées, "en réponse à la polémique et dans un souci d'apaisement".

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