Rassemblement pour Jacqueline Sauvage : "Elle a protégé sa vie"

Rassemblement pour Jacqueline Sauvage : "Elle a protégé sa vie"

SOUTIEN - Quelque 300 personnes étaient réunies, place de la Bastille, ce samedi, pour réclamer la libération de Jacqueline Sauvage, condamnée pour le meurtre de son mari après 47 ans de violences conjugales. Parmi elles, Raphaëlle Rémy-Leleu, d'Osez le féminisme, qui a expliqué à metronews les raisons de sa présence.

"Libérez Jacqueline Sauvage !" Ils étaient environ 300 à affronter le froid, ce samedi 23 janvier en fin de matinée, pour apporter leur soutien à cette détenue de plus en plus célèbre, condamnée début décembre pour le meurtre de son mari, après 47 ans d'enfer conjugal faits de coups, de viols et d'incestes sur les enfants du couple.

Badauds, militants, personnalités

Depuis le verdict (Jacqueline Sauvage a été condamnée en appel à dix ans de réclusion), la mobilisation n'a pas fléchi. Et nombreux sont ceux et celles qui réclament sa libération. Une pétition regroupant près de 280.000 signatures et plusieurs demandes parlementaires ont été formulées pour demander au président Hollande qu'il la gracie.

Ce samedi, au milieu des panneaux, on comptait des badauds, des personnalités (l'actrice Anny Dupérey notamment), et bon nombre de militantes féministes. Parmi celles-ci, Raphaëlle Rémy-Leleu, militante du collectif Osez le féminisme (OLF), qui a expliqué l'importance de ce combat pour son mouvement : "On a ce souci de faire des violences faites aux femmes un sujet de débat public."

EN SAVOIR +
>> "Le soutien des gens pour maman nous impressionne"
>> Les Femen creusent un trou pour "évader" Jacqueline Sauvage
>>
Des parlementaires demandent la grâce présidentielle
>>
Où en est la demande de grâce ?

Pas "un simple acte de violence"

Car pour OLF, la justice s'est trompée dans son jugement. Pour rappel, en prononçant son verdict, le tribunal de Blois avait jugé que la réaction de Jacqueline Sauvage ne pouvait correspondre à un acte de légitime défense car elle ne constituait pas une réponse "immédiate et proportionnée" à l'agression subie. Battue le matin du drame, elle avait tiré trois fois dans le dos de son mari quelques heures après. 

C'est bien là que le bât blesse pour Raphaëlle Rémy-Leleu : "Il y a un continuum de violence subie à prendre en compte dans cette affaire. Et là, on a pris [ce meurtre] comme un simple acte de violence. Au regard de ce qu'elle a subi pendant 47 ans, Jacqueline Sauvage a protégé sa vie." Si Osez le féminisme ne milite pas "pour que la violence soit moins punie", l'association envisage au moins une extension de la légitime défense pour ce genre de situations.

Une situation de violences conjugales particulièrement sordide, qui pousse également la militante à rappeler le combat d'OLF en faveur d'une double évolution sur ce sujet. "Il faut améliorer les  conditions d'accompagnement des plaignantes, notamment avec des formations pour ceux qui reçoivent les plaintes dans les commissariats. Et nous voulons faire reconnaître la notion de féminicide, que le caractère sexiste d'une agression ou d'un meurtre soit une circonstance aggravante, comme le sont le racisme ou l'antisémitisme."

EN SAVOIR + >> Eva Darlan, soutien de Jacqueline Sauvage : "Je suis très, très optimiste"

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques