Réchauffement climatique accéléré en 2015 : deux institutions crient au feu

Réchauffement climatique accéléré en 2015 : deux institutions crient au feu

CLIMAT - Trois semaines avant la Conférence internationale sur le climat (COP 21), deux instituts publient des rapports alarmants sur le climat, évoquant le franchissement en 2015 de seuils jusque-là encore jamais dépassés.

Vous trouvez que décidément, pour un mois de novembre, il fait chaud ? Très chaud ? Coïncidence ou pas, deux rapports sortent ce lundi, démontrant chacun de leur côté que le dérèglement ne fait que se creuser en 2015. Et ce, alors que se tient dans trois semaines la Conférence internationale sur le climat COP 21, à Paris.

L'Institut météorologique britannique a apporté lundi une preuve supplémentaire du réchauffement accéléré de la planète en annonçant qu'en 2015 la hausse de la température mondiale avait atteint 1°C par rapport à l'ère pré-industrielle (1850-1900). Ce bond en avant se traduit déjà par la multiplication des sécheresses et vagues de chaleur, la fonte accélérée des glaces, l'élévation du niveau des mers et l'acidification des océans.

Nouveau record dans les concentrations de gaz à effet de serre

"Chaque année, nous faisons état d'un nouveau record dans les concentrations de gaz à effet de serre", a déploré lundi l' Organisation météorologique mondiale , lors de la présentation de son rapport annuel à Genève. En 2014, la concentration moyenne de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, a atteint le niveau inédit de 397 parties par million. En s'accumulant, le CO2, comme le méthane et le protoxyde d'azote, renforcent l'effet de serre, ce qui alimente le réchauffement accéléré que la planète connaît depuis 150 ans.

Un autre rapport publié lundi par l'institut Climate Central met lui en évidence les impacts dévastateurs qu'aura la montée des océans sur certaines grandes villes côtières. Shanghai, Bombay, Hong Kong, Dacca, Jakarta, New York, Tokyo : à très long terme (au moins plusieurs centaines d'années), ces mégalopoles verront leur territoire partiellement recouvert par les eaux, en raison de la dilatation des océans qui se réchauffent et de la fonte des glaciers et des calottes polaires. Le niveau des mers a, en moyenne, déjà gagné 20 centimètres depuis le début du XXe siècle et le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) prévoit qu'à l'horizon 2100, il grimpera encore de 26 à 82 centimètres par rapport à la moyenne de 1986-2005. 

L'étude de Climate Central fait des projections plus lointaines qui mettent en évidence la poursuite inéluctable du phénomène. A +2°C, les mers gagneront environ 4,7 mètres, touchant des zones abritant 280 millions de personnes actuellement. A +3°C - la hausse correspondant aux promesses actuelles des Etats pour freiner les émissions - les eaux monteraient de 6,4 mètres (400 millions d'habitants impactés). Dimanche, la Banque mondiale avait aussi prévenu que l'inaction face au réchauffement pourrait faire basculer 100 millions de personnes dans l'extrême pauvreté d'ici 2030, en raison notamment de ses conséquences sur la production agricole, les stocks de poissons et la prolifération des maladies.


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