Relations sexuelles diffusées sur Snapchat : la jeune perpignanaise n’était pas consentante

Relations sexuelles diffusées sur Snapchat : la jeune perpignanaise n’était pas consentante

INFO METRONEWS - Contrairement à ce qu’elle a pu déclarer à la police au lendemain des faits, la jeune victime présumée du viol diffusé sur Snapchat le 2 janvier n’était pas consentante. Contacté, le procureur de Perpignan (Pyrénées-Orientales) réaffirme que l’enquête "suit son cours".

Elle est devenue virale en seulement quelques heures. Dans la nuit du 2 janvier, une courte vidéo amateur fait sensation sur Snapchat, avant d’être relayée sur Facebook. Son contenu ? Une soirée alcoolisée entre trois jeunes de Perpignan – deux hommes et une femme – qui vire au drame. Apparaissant dénudée et inconsciente, la jeune fille subit en effet une série d’insultes, d’humiliations et d’actes sexuels violents, au moyen notamment d’une bouteille de whisky. La police, aussitôt alertée par des internautes, ne tarde pas à retrouver les deux auteurs présumés de la vidéo qui, dès les jours suivants, sont placés en détention provisoire et mis en examen pour "viol et diffusion d’une vidéo à caractère pornographique sur les réseaux sociaux". Quant à la jeune femme, une perpignanaise de 19 ans, elle est interrogée par la police après un rapide passage à l’hôpital. Et elle livre alors une version qui sème le doute : elle assure ne pas avoir été forcée, évoque "un rapport consenti" et refuse tout net de porter plainte.

Un mois après les faits, metronews est en mesure de révéler que la jeune femme - contrairement à ce qu’elle a pu d’abord déclarer aux enquêteurs pour protéger les deux suspects - n’était en réalité pas consentante. Selon nos informations, elle n’a en effet jamais donné son accord pour figurer dans de telles scènes : ni avant, ni pendant la relation. Ayant consommé une grande quantité d’alcool, la victime n’aurait aucun souvenir des sévices sexuels imposés par ces deux hommes qu’elle connaissait de longue date mais dont aucun n’était son petit-ami, contrairement à ce qui a pu être annoncé précédemment. Ce n’est qu’une fois rentrée chez elle, au terme de son interrogatoire avec les policiers, qu’elle a appris l’existence de la vidéo sur les réseaux sociaux. Quelques extraits et captures d’écran lui font alors prendre conscience de l’épreuve qu’elle vient de traverser.

Du "libertinage poussé" pour l’avocate

Si la jeune fille n’a pas porté plainte, la machine judiciaire, elle, a tout de même été lancée. Une information judiciaire a en effet été ouverte pour "viol en réunion, enregistrement d’images d’un viol en réunion et atteinte à la vie privée". Mais peu avant la mise en examen des deux suspects, le 5 janvier, le directeur de la sûreté de Perpignan a préféré se montrer prudent. Il précisait à l'époque détenir des "éléments" permettant de dire que, si la diffusion des images est répréhensible, "la relation sexuelle ne l’est pas forcément". Même son de cloche du côté d’Achille Kiriakides, procureur de Perpignan, qui parle alors d’une "situation complexe" dans un "contexte d’alcoolisation". Contacté récemment par metronews, le procureur assure que les "expertises médicales, informatiques, toxicologiques, psychologiques" visant à déterminer "si ces relations ont été intégralement et librement consenties", "suivent actuellement leur cours".

De son côté, Françoise Noguès, qui défend le plus âgé des deux suspects, a réagi au moment du placement en détention provisoire de son client. Et soigneusement réfuté le terme de "viol". "Il s’agit de libertinage, peut-être poussé, (…) mais en aucun cas il ne peut y avoir viol" affirmait-elle à l’époque. Invitée à réagir à propos de ces dernières révélations, l’avocate n’a pas donné suite à nos sollicitations répétées. En temps voulu, le tribunal saura-t-il faire la lumière dans ce dossier ? Selon nos informations, la jeune femme, qui a refusé tout soutien psychologique, ne souhaite pas, pour le moment en tout cas, assister au procès des deux suspects. Aujourd’hui encore, elle ne veut ni déposer plainte ni faire appel aux services d’un avocat.

EN SAVOIR +
>> Viol diffusé sur Snapchat : deux suspects arrêtés, la victime hospitalisée > > Vidéo d'un viol diffusé sur Snapchat : une enquête est ouverte 

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