Remise du "prix de la laïcité"  : une journaliste sommée de retirer son voile

Remise du "prix de la laïcité" : une journaliste sommée de retirer son voile

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POLÉMIQUE - Une journaliste de l'hebdomadaire "Zaman France" a eu droit aux remarques d'un organisateur de l'événement accueilli par l'Hôtel de ville de Paris. La municipalité condamne l'incident, en précisant que ses agents ne sont pas impliqués.

La mairie de Paris a précisé qu’elle n’était pas responsable de l'incident. La journaliste Suheda Asik, qui travaille pour l’hebdomadaire franco-turc Zaman France, est venue assister lundi à la remise du prix de la laïcité organisée dans un salon de l’Hôtel de ville de Paris par le "Comité Laïcité République". Le Premier ministre, Manuel Valls, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, assistaient également à cette cérémonie organisée par le Comité Laïcité République, qui a récompensé Samuel Mayol et Fazil Say, pianiste-compositeur turc.

Dans un article publié mardi sur le site de son journal, Suheda Asik raconte comment trois personnes, avant le début de la cérémonie, lui ont demandé avec insistance de retirer son voile. Elle écrit : "Arrivée à la salle municipale, un agent d’accueil se dirige vers moi. […] Continuant à marcher à mes côtés, il se rapproche et me demande en "souriant" : 'Vous êtes vraiment obligée de garder ça sur votre tête ?' Abasourdie, je pense un instant avoir mal entendu. Je lui demande donc de se répéter. 'Non mais vous savez, vous êtes à l’Hôtel de ville ici, il faut respecter. Nous vous avons laissé entrer, vous pourriez l’enlever par égard pour nous, dit-il en désignant mon voile, c’est la moindre des choses'".

Le Comité a répondu jeudi matin

Les exigences de l’organisation ne se sont pas arrêtées là. Contactée par BuzzFeed France , Asik Suheda raconte que quelques minutes plus tard, une deuxième personne a de nouveau réclamé à plusieurs reprises qu’elle retire son voile. Elle raconte : "Elle est ensuite partie chercher un autre organisateur qui m’a contrôlée. J’ai dû lui expliquer que oui, un média turc pouvait aborder des sujets sur la laïcité avant qu’il ne me laisse tranquille."

La mairie a réagi à la suite de l’incident, précisant qu’il s’agissait "probablement de membres de l’organisation du "Comité Laïcité République" ou des invités". Avant de préciser au site d’information avoir "discuté avec ces personnes pour leur préciser que leurs remarques étaient clairement désobligeantes et que la journaliste pouvait tout à fait garder son voile". Après la médiatisation de l’affaire, le comité a répondu par un communiqué, regrettant une "initiative individuelle qui ne saurait l'engager" et mettant en garde contre "les polémiques vénéneuses et stériles".
 

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