Rentrée scolaire, les 10 commandements du bon parent (8/10) : au racket et au harcèlement, tu veilleras

Rentrée scolaire, les 10 commandements du bon parent (8/10) : au racket et au harcèlement, tu veilleras

DirectLCI
MAL-ÊTRE - Vie à l’école, devoirs, loisirs… LCI vous donne quelques conseils pour mettre votre enfant dans les meilleures dispositions à quelques jours de la rentrée scolaire. Et parce que ses camarades de classe peuvent se révéler cruels, voici quelques pistes pour détecter un cas de harcèlement et savoir comment agir.

Moquerie, insulte, menace, coup…Depuis quelque temps, Jules, 13 ans, a changé de comportement. Ses résultats scolaires sont en chute libre et il cherche 1001 excuses pour ne pas se rendre à l’école chaque matin. Mais quand vous cherchez à savoir ce qui le tracasse, votre garçon se referme comme une huître. Impossible de lui tirer les vers du nez. Et s’il était victime de harcèlement ?


En France, la plupart des enfants se disent heureux d’aller à l’école, selon un rapport de l’UNICEF. Cependant, 10 à 15% d’entre eux racontent avoir déjà été victimes d’une forme de harcèlement, moral le plus souvent. Un phénomène loin d’être marginal donc, et encore sous-estimé. Or, les conséquences psychologiques, sociales et scolaires peuvent être désastreuses sur l’enfant. D’où l’importance d’être attentif à certains signes tout au long de l’année, et ce dès la rentrée scolaire.

En vidéo

Harcèlement scolaire : 10% des élèves touchés par le problème

Coup derrière la tête ou moquerie, "cela commence souvent par de petites choses"

Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Lorsqu’un enfant est insulté, menacé, bousculé, volé ou reçoit des messages injurieux sur une certaine durée, il est victime de harcèlement. "Cela commence souvent par de petites choses comme un petit coup derrière la tête ou une petite phrase comme ‘t’as une tête de cochon’ ou ‘tu pues’, explique Florence Millot, psychologue pour enfants et adolescents à Paris. Au départ, c’est subtil et considéré comme pas très grave. Puis, les actes s’amplifient de jour en jour, souvent sous l’effet de groupe, à tel point que l’enfant se retrouve isolé et ne sait plus comment réagir". 


Il n’y a pas de profil, ni d’âge pour être harcelé. "Cela peut commencer à 7-8 ans lorsque les enfants se mettent en bande et cherchent à être acceptés par leurs pairs. Même ceux qui ne souhaitent pas commettre certains actes le font pour ne pas rester tout seul", constate la spécialiste. Une volonté d’appartenir à un clan exacerbée à l’adolescence. Et cet acharnement n’est pas l’apanage des personnes timides et introverties, rappelle Florence Millot. 

Changement de comportement, de style vestimentaire…reconnaître les signes

Quand un enfant est confronté au harcèlement, deux réactions sont généralement constatées, explique la psychologue. D’abord, "il peut décider de masquer ce qu’il se passe. Même si un parent insiste parce qu’il sait que quelque chose ne va pas, l’enfant ne parle pas et se terre dans le silence. Ceux qui souffrent le plus sont ceux qui en disent le moins", résume-t-elle. 


Et puis, il y a les changements visibles. "Il n’est pas rare que les notes chutent rapidement, illustre la psychologue. Le jeune peut aussi changer subitement de style vestimentaire et opter pour une garde-robe plus excentrique, par exemple". Aussi, il peut se montrer de plus en plus réfractaire à sortir ou à être pris en photo, s’il est critiqué sur son physique. "Il y a des moyens de sentir que quelque chose est différent mais parfois, c’est difficile de savoir quoi", indique la psychologue qui ajoute que "dans tous les cas, l’enfant change de comportement".  

Aborder le sujet

Dans un premier temps, Florence Millot recommande d’écouter l’enfant : "Il ne faut jamais sous-estimer ce qu’il a à dire. Un enfant harcelé a du mal à s’exprimer et il a souvent l’impression que s’il parle, la situation va empirer." En pratique, si votre enfant vous confie ne pas avoir passé une très bonne journée, il ne faut pas hésiter à creuser.  


S’il ne se livre pas, la psychologue conseille de formuler son inquiétude avec des phrases comme ‘tu n’as pas envie de parler et je le respecte mais je vois bien que quelque chose a changé. Tu es de plus en plus dans ta chambre etc. J’aimerais qu’on en parle et je suis prêt(e) à t’écouter  quand tu seras toi aussi prêt(e) à parler.’ Elle ajoute que "c’est important de masquer ses propres inquiétudes car l’enfant peut se cacher par peur d’inquiéter ses parents". Mais cela n’empêche pas d’en parler avec son conjoint ou son entourage. 

Trouver des solutions... avec lui

"La plus grosse douleur d’un enfant victime de harcèlement est qu’il pense que ce qui se passe est de sa faute", note la spécialiste. Lorsque l’enfant s’ouvre, il est donc primordial de lui rappeler que ce n’est pas normal et que les adultes sont là pour l’aider.  La règle est d’ailleurs inscrite dans la loi : la Convention internationale des droits de l’enfant garantit à tous les enfants une protection contre la violence, la maltraitance et la discrimination (articles 2 et 3). 


Après l’avoir rassuré, la psychologue suggère de chercher des solutions avec lui. "Si le parent arrive tout de suite sur ses grands chevaux, l’enfant peut se renfermer de peur que la situation ne s’envenime", note-t-elle. Or, il est important de garder le contact au cas où la situation dégénère. 

En vidéo

Harcèlement scolaire : les élèves deviennent médiateurs

Ensuite, vous pouvez prendre rendez-vous avec la direction de l’établissement et exposer ce que subit votre enfant, demander quelles actions seront menées et les mesures prises pour le protéger. Si la résolution du problème vous paraît lente, vous pouvez contacter le référent harcèlement académique en utilisant le numéro vert 3020 et "si le cas de harcèlement est avéré, il ne faut pas hésiter à aller voir la police, ça pose un acte aux yeux de l’enfant", conseille Florence Millot. 


Si l'enfant en ressent le besoin et en dernier recours, la psychologue suggère de lui proposer "un temps de pose", voire de changer d'école s'il se sent stigmatisé. "C’est parfois important de couper et de repartir de zéro", insiste-t-elle. 


Enfin, les activités extra-scolaires peuvent l’aider. "La pratique d’un art martial, par exemple, permet à l’enfant d’apprendre à se défendre et de se réapproprier son corps", conclut-elle. Un changement d’atmosphère qui ne pourra que lui faire du bien et lui redonner confiance en lui. 

Plus d'articles

Sur le même sujet