Saint-Ouen : sursis pour le démantèlement du bidonville rom

Saint-Ouen : sursis pour le démantèlement du bidonville rom

PRÉCARITÉ - Le bidonville de la rue Ardoin à Saint-Ouen, où vivent près de 300 personnes, dont des enfants scolarisés depuis peu dans une école de la commune, devait être démantelé ce jeudi 20 octobre. Un démantèlement reporté à la dernière minute.

Sa fin n'était plus qu'une question de temps. Selon l'association La voix des Rroms, le bidonville de la rue Ardoin à Saint-Ouen, où vivent près de 300 personnes, dont une soixantaine d'enfants, devait être démantelé ce jeudi 20 octobre au matin. Mais l'expulsion a été annulée, a-t-on appris peu avant 9h. La préfecture de Saint-Denis, qui n'avait ni confirmé ni infirmé la date du 20 octobre, parlait de son côté d'une expulsion "avant la fin du mois d'octobre".


Ce démantèlement imminent -il avait été demandé une première fois par la mairie en mai avant que la justice administrative n'apporte un délai jusqu'au 14 octobre- inquiète les associations de défense des personnes roms. "La destruction de ce bidonville est un symptôme supplémentaire de l’incapacité de l’État et des villes à mettre en œuvre une politique coordonnée en matière de résorption des bidonvilles", dénonce l'association dans un communiqué. 

"Aucune proposition de relogement"

Le maire de Saint-Ouen avait encore fait parler de ce campement le 14 septembre dernier, quand il avait refusé de scolariser plusieurs enfants roms y vivant. Il avait alors assumé sa décision, arguant que "ces enfants ne disposaient pas d’adresse" à Saint-Ouen et que la ville avait "suffisamment de problèmes".  L'élu se disait notamment persuadé qu'une scolarisation "serait un argument de plus pour les associations de s’opposer à cette évacuation". Saisie par le défenseur des droits, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait mis en demeure la mairie de scolariser cinq enfants roms. Selon nos informations, trois enfants sont d'ailleurs désormais scolarisés dans une école de la commune depuis le 7 octobre dernier. 


Mais pourront-ils rester dans l'établissement après jeudi ? "Aucune idée, affirme à LCI Anina Ciuciu, membre du Mouvement du 16 mai, une organisation rom. Pour l'instant, aucune proposition de relogement n'a été formulée. Et les gens risquent d'être à la rue." Après des évacuations en 2008 et 2013, c'est la troisième fois que ce bidonville de la rue Ardoin va être démantelé.

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