Sainte Tunique du Christ dévoilée à Argenteuil : cinq choses à savoir sur cet événement exceptionnel

Sainte Tunique du Christ dévoilée à Argenteuil : cinq choses à savoir sur cet événement exceptionnel

RELIGION - Pas moins de 150.000 personnes sont attendues à la basilique Saint-Denys d’Argenteuil (Val d’Oise), à partir de vendredi et jusqu’au 10 avril, pour admirer ou se recueillir devant la Sainte tunique du Christ. Metronews vous en dit plus sur cette relique, l’une des plus sacrées du christianisme, qui n’est normalement montrée aux fidèles et au public que deux fois par siècle.

La Sainte Tunique, qu’est-ce que c’est ?
Selon l’Eglise, c’est le vêtement porté par Jésus Christ quelques heures avant sa mort, de la Cène à la crucifixion. Elle aurait même recueilli le sang de ses blessures lors de son chemin de croix. C’est donc l’une des trois grandes reliques de la Passion avec le Suaire d'Oviedo (Espagne) et le fameux linceul de Turin (Italie). Constitué d'une vingtaine de fragments en toile de laine brun-violet cousus sur une sorte de blouse à manches courtes, cet habit sans couture descend jusqu’aux genoux, avec une fente pour passer la tête.

► Est-elle authentique ?
"Il n’y a pas de preuve absolue" que la sainte Tunique soit bien "le vêtement de la Passion du Christ", admet le diocèse de Pontoise sur le site consacré à l’événement . Mais le vêtement a été passé au crible par de nombreux scientifiques depuis le 19e siècle, et plusieurs études peuvent être mises à son crédit. Il est ainsi notamment apparu, fait valoir le diocèse, que sa matière, en laine de mouton, sa teinture ou sa méthode de tissage correspondent aux pratiques en vigueur en Syrie et au Nord de la Palestine dans les premiers siècles de notre ère.

Surtout, une étude réalisée entre 1932 et 1934 a décelé la présence de sang sur le dos et les épaules du vêtement. Et celui-ci, a-t-il été établi en 1986, appartient au même groupe AB que le sang présent sur le linceul de Turin et le Suaire d'Oviedo. En 2004 toutefois, une datation au carbone 14 a jeté un froid en concluant que la tunique avait été tissée entre 530 et 640. Mais le diocèse relativise cette technique en soulignant qu’elle "manque de fiabilité pour les tissus anciens dont on connaît mal les états de conservation au cours des siècle".

► Pourquoi est-elle exposée maintenant ?
Traditionnellement, la Sainte Tunique n’est exposée que tous les 50 ans (et ce depuis 1884). La précédente "ostension" (sa présentation aux fidèles) ayant eu lieu en 1984, la prochaine aurait normalement dû attendre encore 18 ans, en 2034. Mais le diocèse de Pontoise a précipité les choses pour trois raisons : il fête cette année son cinquantième anniversaire, tout comme la basilique d'Argenteuil qui souffle ses 150 bougies. Le pape François a par ailleurs décrété 2016 année de la miséricorde, que la tunique du Christ mort sur la croix symbolise selon le diocèse.

► Pourquoi est-elle conservée à Argenteuil ?
Cela fait 1200 ans que la Sainte Tunique est conservée dans cette commune de la banlieue nord de Paris, où elle reste en temps normal roulée dans un reliquaire de la basilique. Le vêtement aurait en effet été offert à Charlemagne, au début du 9e siècle, par l'impératrice Irène de Constantinople. L’empereur l’a ensuite confié à sa fille Théodorade, prieure du monastère d'Argenteuil. La sainte Tunique aura ensuite connu une histoire tumultueuse : "Dissimulée dans un mur du monastère pour la protéger des invasions vikings, longtemps oubliée, redécouverte à l’occasion de travaux au Moyen-Âge", elle avait été découpée et enterrée par le curé d’Argenteuil à la Révolution française par crainte qu’elle ne soit détruite, raconte le site saintetunique.com.

► Dans quel état est-elle ?
La Sainte Tunique, classée Monument historique, a été restaurée spécialement pour l’ostension. Une opération très délicate qui a pris trois mois. "Elle était très abîmée, mais nous avons eu de la chance, car le tissu est resté en très bon état", a assuré au Parisien sa restauratrice, Claire Beugnot.

A LIRE AUSSI >> Vatican : le suaire de Turin passe (enfin) à la télévision

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques