Salaires des fonctionnaires : ces villes qui manient la carotte et le bâton

Salaires des fonctionnaires : ces villes qui manient la carotte et le bâton

FONCTION PUBLIQUE - Réagissant au cas de Suresnes, où la mairie mettra en place à partir du mois d'avril un système pénalisant financièrement les agents municipaux dont le travail est jugé insuffisant, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, s'est dit mardi favorable à "accroître la part de mérite" dans la rémunération des fonctionnaires. Parallèlement à l'exemple de Suresnes, d'autres collectivités ont mis en place des dispositifs originaux de primes d'assiduité pour leurs employés. Tour d'horizon.

Suresnes : des primes variables en fonction de 6 niveaux d'évaluation

Les "bons" fonctionnaires verront leur salaire augmenter, celui des autres diminuera. C'est ce qu'expérimenteront à partir du mois d'avril les 1300 fonctionnaires employés par la ville de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine. Ce système largement médiatisé ces derniers jours, d'autant plus depuis que le patron de Bercy Emmanuel Macron, comme sa collègue de la Fonction Publique Marylise Lebranchu, s'y est dit favorable mardi, fera en effet varier le salaire des agents municipaux en fonction de leur implication et de leur engagement au travail.

Concrètement, les employés seront évalués par leur supérieur selon 6 niveaux d'évaluation, allant de "très insuffisant" à "exceptionnel". Une note qui aura une incidence sur leur régime indemnitaire, ces primes et indemnités qui s'ajoutent au salaire de base des fonctionnaires – mais qui ne progressaient jusqu'ici qu'avec l'avancement et l'ancienneté -, et qui peuvent représenter jusqu'à un tiers du salaire total. Un agent de catégorie A dont le travail sera jugé "à améliorer", "insuffisant" ou "très insuffisant" verra par exemple son régime indemnitaire diminuer de 15 à 35 %.

Ce régime augmentera dans les mêmes proportions si l'agent est à l'inverse jugé comme faisant partie des plus investis. Le système, validé l'été dernier par les trois syndicats de la municipalité, offre des recours au salarié qui s'estimerait victime d'une discrimination.

Florensac : 50 euros par mois pour ceux qui sont toujours présents

Au nom de la lutte contre l'absentéisme des agents municipaux, d'autres municipalités ont mis en place des systèmes de gratification pour récompenser l'ardeur à la tâche de leurs fonctionnaires. C'est ainsi le cas de Florensac (Hérault), 5.000 habitants, où la mairie socialiste verse, en plus du salaire normal, un bonus de 50 euros par mois à ses près de 50 agents municipaux, à condition qu'ils ne manquent pas la moindre demie-journée durant le mois. Le maire de la Ville, Vincent Gaudy, assurait récemment au Figaro avoir ainsi fait baisser l'absentéisme de 18% à 4% ces deux dernières années.

Bondy : 300 à 500 euros par an pour les plus assidus

Toujours en région parisienne, à Bondy, la mairie a elle-aussi instauré des primes d'assiduité pour ses agents, qui varient de 300 à 500 euros annuels. "Au-delà de huit jours d'absence par an, on perdra une partie de cette prime", pestait cet été dans Le Parisien une employée à l'état civil. Dans le même article, la maire socialiste de la ville, Sylvie Thomassin, disait assumer "pleinement l'instauration de cette prime initiative", approuvée par la CFDT de la commune (mais contestée par FO et la CGT) :"Il est devenu l'habitude chez certains agents de se mettre en arrêt de travail jusqu'à trois mois par an", faisait-elle valoir.

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