Semaine de la langue française : hommage à ces chers mots disparus...

Semaine de la langue française : hommage à ces chers mots disparus...

ADIEU - Ils ne sont plus parlés ni écrits. Les mots les plus désuets du français ont été supprimés du dictionnaire de l’Académie française. Non pas pour faire de la place, mais pour se mettre au goût du jour. Explications.

Abuseur, masticatoire, dépopulariser… Dites adieu à ces mots, ils ne font plus partie du dictionnaire de l’Académie française. Leur tort ? Etre des termes vieillis, transparents, ou des "fantômes" que l’on ne trouve plus dans la littérature. "Le dictionnaire de l’Académie est patrimonial, il doit permettre de lire des textes anciens. On ne proposera jamais de supprimer un mot qu’on rencontre chez Victor Hugo ou Stendhal", précise toutefois à Metronews Florence Monier, rédactrice du service dictionnaire.

Dans la liste des mots supprimés , disponibles sur le site de l'Académie française, figurent des adverbes, des termes scientifiques anciens, des mots familiers désuets ou issus de la mythologie. Comme Morphée, la divinité des rêves. "Il fait partie des mots dont on propose la suppression car c’est un nom propre. Or le dictionnaire de l’Académie est un dictionnaire de noms communs", explique la rédactrice. Il faudra alors chercher à "Bras" pour trouver le sens de l’expression "être dans les bras de Morphée".

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200 mots supprimés et 28.000 introduits

Mais la suppression de mots reste très marginale, surtout au regard du nombre de ceux qui y font leur entrée : alors que 200 mots ont été supprimés, dans la même période, quelque 28.000 ont eux été introduits. "C’est vraiment rare qu’on propose la suppression, car supprimer un mot c’est éventuellement condamner le lecteur", insiste Florence Monier. Et, à la différence du Robert ou du Larousse, ces disparitions ne résultent pas d’une contrainte commerciale. "Le nombre de mots n’est pas conditionné par un quelconque contrat avec un éditeur", ajoute-elle.

Il n’est donc pas question de faire de la place aux nouveaux mots. Certains termes supprimés sont même indiqués dans les entrées qui les remplacent, comme "philatéliste" à "philatélie" . "On le mentionne pour renseigner sa disparition. C’est une solution pour qu’on ne l’oublie pas." Pas de regret à avoir donc pour ces mots obsolètes. Bien que l’Académie française se mette au goût du jour, elle garde le souci de la tradition.

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