Taxis parisiens : ils travaillent 66 heures pour toucher un Smic

Taxis parisiens : ils travaillent 66 heures pour toucher un Smic

ÉTUDE - Selon une enquête réalisée auprès d'un millier de taxis parisiens par le bureau de recherche 6t, la majorité des chauffeurs gagneraient 5,5 euros de l'heure, avec un temps de travail de 66 heures par semaine.

Un chauffeur de taxi travaille comme deux salariés français. C’est le constat qui ressort de l'enquête réalisée par le bureau de recherche 6t auprès de 1000 chauffeurs franciliens, dont 98% d'hommes, publiée jeudi 1er décembre. D'après cette étude, les chauffeurs travailleraient en effet "onze heures par jour, six jours par semaine et ne prendraient que trois semaines de congés par an. Ils travaillent donc deux fois plus qu'un salarié français aux 35 heures", analyse 6t, qui évalue leur temps de travail à 66 heures par semaine en moyenne. 


Cependant, le temps passé à conduire est nettement plus faible : les chauffeurs disent effectuer moins de 11 courses par jour en moyenne, "soit environ une course par heure travaillée". 

5,5 à 13 euros de l'heure

Le bureau de recherche a ensuite cherché à déterminer quel était le revenu des chauffeurs. Pour cela, il a interrogé les 1000 taxis de son échantillon sur le montant de leur dernière course, puis, en fonction du nombre de courses par jour et du temps de travail, a évalué leur chiffre d'affaires annuel moyen. "Face aux charges qu'ils supportent, le revenu annuel d'un taxi ne dépasse pas 42.000 euros, et seulement pour les taxis qui n'ont pas à rembourser le prix de leur licence", soit une minorité (19 %) des taxis parisiens. 


Quant aux autres, leur revenu annuel ne dépasserait pas les 18.000 euros. Le revenu maximum s'élève donc au maximum à 13 euros de l'heure pour un chauffeur ayant remboursé sa licence, et 5,5 euros pour celui qui n'a pas encore soldé son emprunt. Une masse de travail d’une soixantaine d’heures hebdomadaires pour au final ne gagner que l’équivalent d’un Smic. 

Les VTC, cette "concurrence déloyale"

Des revenus faibles qui s'ajoutent à la pression du fait de la concurrence des véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC). Les chauffeurs interrogés parlent même de "concurrence déloyale". Pourtant, les VTC eux aussi font face à des journées à rallonge pour des revenus plus faibles qu'on ne le pense. 


Le revenu moyen à 19,50 euros brut de l'heure affiché par Uber, citant une étude de l'école d'économie de Toulouse, est très éloigné de celui avancé par les chauffeurs qui estiment leurs revenus autour de 4 euros de l'heure, ou par la CFDT qui l'estime quant à elle à 6,50 euros brut. Pour Sayah Baaroun, secrétaire général du syndicat SCP-VTC (Unsa), la "faible rentabilité" qu'offre la plateforme oblige les chauffeurs à travailler environ 70 heures par semaine pour "toucher un smic". Des chiffres finalement comparables à ceux des chauffeurs de taxi. 

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