"T’es bonne", "réponds sale chienne" : que pensez-vous de la campagne contre le harcèlement dans les transports ?

"T’es bonne", "réponds sale chienne" : que pensez-vous de la campagne contre le harcèlement dans les transports ?

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"STOP CA SUFFIT" - Insultes sexistes, regards libidineux, mains aux fesses… Le gouvernement a lancé lundi une campagne pour lutter contre le harcèlement des femmes dans les transports, avec des mots crus mais illustrant une réalité devenue banale bien qu'intolérable.

"T'es bonne" ; "Réponds sale chienne" ; "Je vais te serrer". Les mots sont crus. Mais illustrent une réalité devenue banale. Et visent à alerter. Ils ont été utilisés dans la campagne pour lutter contre le harcèlement des femmes dans les transports qu’a lancée le gouvernement ce lundi. Intitulée "Stop-Ça suffit", elle consiste en des affiches et panneaux numériques déployés dans les métros et les gares, en clips vidéos interactifs lancés sur Internet et les réseaux sociaux, et en dépliants. Elle veut briser les tabous, sensibiliser les voyageurs, rappeler que le harcèlement sexiste est puni par la loi et inciter les témoins à réagir.

Cette campagne est une des mesures du plan de "lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles" dans les transports en commun annoncé en juillet dernier . Trois affiches, destinées à interpeller les usagers lors de leurs déplacements, mettent respectivement en scène les mots d’un agresseur et les pensées et les interrogations d’une victime et d’un témoin de harcèlement sexiste et de violences sexuelles. Ces affiches sont diffusées à partir de ce lundi sur les réseaux de métros de cinq grandes villes de France (Paris, Marseille, Lyon, Lille, Toulouse) et dans les gares de banlieue de ces agglomérations, sur 7 000 panneaux. Les collectivités territoriales sont invitées à décliner cette campagne au niveau local.

"Ça fait du bien !"

Un beau pas en avant, pour les associations de lutte contre le sexisme, qui alertent depuis plusieurs mois les pouvoirs publics sur la nécessité d'agir. Pour fêter ça, le collectif Stop Harcèlement de rue invite à prendre des photos devant les affiches et panneaux, pour voir "où le message est diffusé et saluer cette première victoire si importante." "Enfiiiiin ! Le harcèlement et les agressions dans les transports sont enfin reconnues !", s’exclame Leslie, sur la page Facebook du collectif. "Que le gouvernement reconnaisse que oui ça existe, que ce n'est pas nous qui prenons mal la drague des hommes, c'est un grand pas en avant ! Après à voir quelles mesures seront prises, et comment." Mais la visibilité offerte par cette campagne est un grand pas, pour Camille : "Génial dans le métro ! Ça fait du bien de voir que cette campagne de pub est visible par tous." 

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les internautes à relayer la campagne.


Certains restent tout de même dubitatifs sur l’effet de cette campagne.

Dans une tribune publiée sur le site du Hufftington Post , Héloïse Duché, fondatrice de Stop harcèlement de rue, se pose en tout cas la question du plus long terme. Car alerter, c'est bien. Mais comment faire pour prévenir ?  "Malheureusement, la première recommandation du Haut conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, une étude nationale quantitative et qualitative du phénomène du harcèlement sexiste dans l'espace public en général, ne sera pas mise en œuvre", y écrit-elle."Pourtant, on ne peut pas lutter contre un phénomène qu'on ne connaît pas suffisamment. Or, sans un diagnostic précis, il y a un risque que les mesures mises en place cet automne ne survivent pas aux changements politiques." 

> Et vous ? Que pensez-vous de cette campagne du gouvernement pour alerter sur le harcèlement dans les transports ? Y avez-vous déjà été confronté ? Apportez-nous vos témoignages, vos histoires, vos critiques.

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