Tracts "J'y vais quand-même" : on a essayé de retrouver les auteurs du gros canular sur le retour de Sarkozy

Tracts "J'y vais quand-même" : on a essayé de retrouver les auteurs du gros canular sur le retour de Sarkozy

QUELLE AFFAIRE - De curieux tracts annonçant de manière potache le retour de Nicolas Sarkozy en politique ont été distribués aux quatre coins de Paris dans la nuit de lundi à mardi. De quoi occuper les réseaux sociaux toute la matinée. A LCI, on a aussi tenté de remonter la piste de leurs auteurs.

L'énigme a animé la Toile toute la matinée. En ce froid mardi de novembre, nombreux sont les Parisiens qui se sont réveillés avec une étrange surprise sur le pare-brise de leur voiture ou de leur scooter. Un tract, représentant une photo de campagne de Nicolas Sarkozy avec ce slogan : "Pour la France, j'y vais quand-même". Au verso, aucune mention, aucun indice ne permettant de remonter la trace du ou des auteurs de cette mystérieuse annonce du retour de l'ancien président de la République, une semaine après sa défaite cuisante à la primaire de la droite et du centre.


Et voilà que chacun, journalistes et internautes, y va de sa petite enquête. Très vite, ceux qui avaient encore un doute sont fixés : il s'agit bien d'un faux tract. Contacté par le Huffington Post, l'entourage de Nicolas Sarkozy l'assure : "C'est n'importe quoi !". Evidemment, ce n'est pas dans un parti politique qu'il faudra chercher le malin infographiste qui se cache derrière la cocasse affiche.

contact : Ano Nymous

Un peu avant 10 heures, nouveau rebondissement. L'url "jyvaisquandmeme.fr" est créé et redirige... vers la page Wikipédia de la prison de Fleury-Mérogis. Sur les réseaux sociaux, l'allusion à peine voilée aux casseroles judiciaires de Nicolas Sarkozy en fait sourire plus d'un. Mais là encore, impossible de remonter la trace du ou des plaisantin(s). Un rapide coup d'oeil sur Who Is, et on se rend compte que la page a été créée à 9h54, ce mardi, par un certain "Ano Nymous". 

Un collectif d'artistes ?

La blague, en fait, est de courte durée, car bientôt l'adresse redirige vers un nouveau contenu : un texte intitulé "Il n'y aura pas d'élection présidentielle", invitant au "sabordage du cirque électoral". L'article est emprunté à l'hebdomadaire en ligne "lundi matin", pas vraiment au courant de cette reprise inopinée. Contactée par LCI, la revue indique n'avoir rien à voir avec les tracts distribués le matin même. 


Le suspense a finalement pris fin aux alentours de midi. Un journaliste de l'émission Quotidien, Hugo Clément, affirme que d'après son enquête, c'est un collectif d'artistes qui est à l'origine de ces tracts : le collectif "Boijeotrenauld". 

"Vous êtes bien Laurent Boijeot ?" "Ça dépend"

Quelle démarche se cache derrière ce curieux tract ? Ce collectif est-il à l'origine à la fois de l'affichette distribuée dans tout Paris et des noms de domaine sur Internet ? Nous avons plein de questions à poser à Laurent Boijeot et Sébastien Renauld, qui composent aujourd'hui cette équipe. Leur site regorge de photos de performances passées, en Belgique, en Italie, aux Etats-Unis ou en France. En 2014, ils avaient en particulier diffusé dans plusieurs villes de faux avis de disparition visant à interpeller sur la situation des intermittents. Une initiative qui avait à l'époque suscité une polémique. Mais aujourd'hui, aucun élément ne permet de confirmer qu'ils constituent bien le duo derrière cette intiative du faux retour de Nicolas Sarkozy. Car, contacté par LCI, ce collectif se révèle peu locace. 


"Bonjour, vous êtes-bien Laurent Boijeot ?" "Ça dépend", nous répond-t-on.  Une fois les présentations faites et l'objet de notre appel détaillé, l'homme au bout du fil décrète : "Alors non, ce n'est pas Laurent Boijeot. Vous nous appelez pour les tracts, et pas pour les autres actions qu'on a pu faire ailleurs dans le monde ? On va prendre votre adresse e-mail et revenir vers vous", conclut-on avant de nous raccrocher au nez. 

J'ai pris ça avec le sourirePhilippe Warrin, l'auteur du cliché officiel de Nicolas Sarkozy

En attendant que les auteurs présumés du tract "reviennent vers nous", Philippe Warrin, auteur du cliché officiel de Nicolas Sarkozy ainsi détourné, assure à LCI ne pas avoir l'intention de porter plainte. "On m'a informé par téléphone de la diffusion de ce tract dans tout Paris ce matin, je n'étais pas au courant. J'ai pris ça avec le sourire... 'J'y vais quand-même', j'ai trouvé ça drôle'", nous dit-il.

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