Victime d'une arnaque, il se met en grève de la faim : "J’ai une rage de malade !"

Victime d'une arnaque, il se met en grève de la faim : "J’ai une rage de malade !"

COMBAT - Nicolas Perrin, habitant de Calvisson, petit village du Gard, a débuté il y a sept jours une grève de la faim pour protester contre une escroquerie immobilière dont il a été victime. Plus généralement, il explique vouloir lutter "pour que l’Etat et la justice assument la protection des citoyens".

"J’en suis au 7e jour et ça se passe plutôt bien. J’ai une rage de malade !" Au téléphone, sa voix grave est calme, presque joyeuse. Pourtant, cela fait déjà une semaine que Nicolas Perrin ne s’alimente plus. Qu’il ne boit que de l’eau sucrée et du bouillon apporté par un couple de voisins. 


Le jeune homme de 38 ans, habitant de Calvisson, petit village du Gard, a choisi de s’affamer pour crier sa révolte. De se mettre en grève de la faim pour donner de l'écho à son injustice. Nicolas Perrin habite dans une tente. Plantée au milieu de son salon, qui n'a pas de plafond. 


Il y a quelques mois, il a en effet été victime d’une escroquerie qui a fait basculer sa vie. Tout a commencé en 2009. A l’époque, Nicolas Perrin est responsable commercial Peugeot Citroën PSA. Il a des projets et achète une grande maison à Calvisson, 5000 habitants. Mais il veut la transformer en deux appartements, l’un pour lui, l’autre destiné à la location. Pour cela, il cherche à se faire aider. "Je n’y connaissais rien", raconte Nicolas Perrin à LCI. "Dans le village, il y avait ce bureau d’études, spécialisé dans les travaux de A à Z, qui travaillait déjà avec des gens du coin. Ici, on aime bien fonctionner avec les artisans locaux, ça fonctionne sur la confiance."  Les travaux commencent en décembre 2014, et tout roule. Enfin, presque.

"J'ai perdu 25 kg, j'étais en train de mourir"

Trois mois plus tard, en février 2015, les deux propriétaires du bureau se volatilisent, ne laissant aucune adresse. Et abandonnant Nicolas avec une maison dont il reste à peine les murs, ainsi qu'une grosse dette. 


La même année, le jeune homme se fait licencier. Il est menacé d’interdit bancaire, doit quitter le petit logement qu’il louait, retourne dans sa maison. Qu’il tente, tant bien que mal, de retaper. "Jusqu’à récemment, je n’avais pas de sanitaires, pas de toit. J’ai vécu comme ça pendant trois mois", raconte Nicolas. Seul, il s’épuise à la tâche. "J’ai perdu 25 kilos, j’étais littéralement en train de mourir, dans l’indifférence la plus totale." Alors le 10 août dernier, il pousse un cri d’alarme. Cela passe par une page Facebook, Défendre Nos droits, sur laquelle il donne de ses nouvelles, parle de sa situation, de sa maison, des travaux. 

Toute l’administration, la justice sont devenus inopérantsNicolas Perrin

Sur cette page, Nicolas Perrin organise aussi la résistance. "On était trois dans le village à être touchés, à avoir porté plainte", raconte-t-il. Mais rien n’avance. Pourtant, les malfaiteurs sont bien identifiés. Ils sont même localisés. "Ces escrocs sont organisés, ils ont rouvert une société ailleurs sous un autre nom. On les trouve sur Facebook, ils ont droit à des articles dans le presse locale", soupire Nicolas. "Mais le temps que le dossier soit transféré d’un tribunal à l’autre, que les procédures soient lancées… Ils sont impossibles à attraper, et continuent à escroquer d’autres gens... Nicolas le sait, ce genre de mésaventure est malheureusement  courante.  "Les forces de l’ordre font ce qu’elles peuvent", reconnaît-il. "Mais le problème est que toute l’administration, la justice sont devenus inopérants. Ils n’arrivent plus à gérer, et donc à assurer notre sécurité. Et là, on est tous concernés."


C’est pour cela que le 15 septembre dernier, Nicolas Perrin a décidé d’entamer cette grève de la faim. Combien de temps tiendra-t-il ? Il ne le sait pas. Mais son cri commence à percer. "Il y a une solidarité qui renaît, c’est impressionnant", s’émerveille le trentenaire. "Des gens font 400 bornes pour venir me voir, je reçois des messages de soutien du monde entier !" les belles histoires s’enchaînent : un homme est venu de Nîmes, "avec son cœur et ses bras", réaliser l’étanchéité de la dalle ; un gamin de 24 ans s’est présenté pour poser la baie vitrée que Nicolas n’arrivait pas à mettre ; des personnes viennent dormir avec lui ; une pétition circule sur Change.org, et une cagnotte Leetchi tourne. "C’est fou, c’est fou !", répète Nicolas, plein d'espoir dans la voix. "Mais que se passe-t-il en France ? C’est beau ! J’en suis à sept jours de grève, mais j’ai une énergie du tonnerre !"

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