Qu’est-ce que le prédicat, cette notion de grammaire "inutilement complexe" que le ministre de l'Education veut rayer des programmes ?

ÉCOLE - Au début de l'année, la notion grammaticale de "prédicat", intégrée dans les programmes scolaires à la rentrée 2016, avait suscité de vives réactions de parents d'élèves et professeurs. Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, s'apprête à clore la polémique : il veut la supprimer.

C'est un changement dans la grammaire française qui était d'abord passé inaperçu à la rentrée 2016, avant de susciter une vive polémique quelques mois plus tard : l'enseignement de la notion de "prédicat" à partir du CM1. Cette réforme visait à permettre aux écoliers d'analyser une phrase plus rapidement. Prenons, comme le JT de TF1 l'avait fait en janvier pour le reportage en tête de cet article,  la phrase "Adèle aime les roses blanches", dans laquelle "Adèle" est le sujet, "aime" le verbe et "les roses blanches" le complément d'objet direct. Désormais, "Adèle" demeurait le sujet mais tout le reste ("aime les roses blanches) devenait aussi le prédicat, à savoir ce qui est dit du sujet.


De quoi dérouter une partie des professeurs et des parents ayant appris la grammaire avec d'autres termes. En janvier 2017, alors que les réseaux sociaux puis plusieurs journaux s'étaient fait l'écho d'une supposée disparition des traditionnels COD et COI (compléments d'objets directs et indirects), accusée de mettre en péril l'apprentissage de l'accord du participe passé, les défenseurs de cette nouvelle notion grammaticale insistaient : le prédicat ne faisait pas disparaître les compléments d'objet directs et indirects. Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, s'apprête à clôre la polémique : dans une interview à L'Express, il indique que cette "notion inutilement complexe" a vocation à disparaître. Objectif : permettre aux enfants d'avoir "une vision simple et efficace de ce qu'est un complément d'objet direct ou un complément d'objet indirect".

Mauvaise idée ?

Le prédicat a déjà été enseigné mais a disparu des programmes pendant des années. Son grand retour était une très mauvaise idée pour certains experts. Alain Bentolila, professeur de linguistique à l'Université de Paris 5, faisait ainsi valoir en janvier que cela empêche les écoliers  "de comprendre comment une phrase marche." Le Snalc, syndicat d'enseignants minoritaire au langage habituellement châtié, avait de son côté dénoncé "l'imbécillité de l'introduction de cette notion universitaire dans des programmes scolaires".


Et si le prédicat fait actuellement partie du programme, dans les salles de classe, la plupart des enseignants ne l'utilisent pas.

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