VIDÉO - Livreurs Deliveroo en colère : "Les forçats du bitume relèvent la tête"

MANIFESTATION - Ce vendredi soir, les livreurs parisiens de Deliveroo étaient appelés à manifester place de la République. A l'initiative du Collectif des Livreurs Autonomes (CLAP), le rassemblement a réuni une quarantaine de bikers, et quelques syndicalistes.

"La rue est notre usine, les forçats du bitume relèvent la tête", peut-on lire sur une pancarte déployée place de la République par des livreurs de Deliveroo. Ce vendredi soir, ils sont une quarantaine à s'être rassemblés, en plein mois d'août, pour dénoncer les conditions de travail de Deliveroo, l'entreprise anglaise de livraisons de repas installée en France depuis 2015. Entre les skaters et les groupes de musique, la place de la République paraît un peu grande pour leur rassemblement, mais le discours au micro de Jérôme Pimot, le porte-parole du Collectif des livreurs autonomes (CLAP) attire les curieux. "J'avais vu des reportages sur eux à la télé, donc je suis venu voir", explique un riverain, "d'autant que je soutiens leur combat à 100%".

Une course à 5,75 euros

Leur combat à proprement parlé contient plusieurs revendications. La première concerne le salaire, imposé par l'entreprise à partir du mois de septembre. Alors que les anciens livreurs - ceux qui ont commencé à travailler pour Deliveroo avant septembre 2016 - avaient encore un salaire fixe, à partir de septembre, tous les livreurs parisiens seront payés 5,75 euros la course, les provinciaux seulement 5 euros. Le CLAP souhaite donc augmenter ce tarif à 7,50€, même si Jérôme Pimot, le porte-parole du collectif, n'y croit pas vraiment : "7,5€ c'est un peu un produit d'appel, c'est pour réfléchir à ce qu'on veut vraiment". A demi-mot, Jérôme Pimot avoue ainsi que pour que leur combat soit entendu, il faut que le mouvement se structure.

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Son Jerome Pimot

Compétition féroce pour un paiement à la course

Pour le moment, ce qu'ils veulent vraiment, ce sont des conditions de travail plus dignes et un employeur plus réceptif. "La prime de pluie n'existe même plus, il y a quelques semaines, j'avais de l'eau jusqu'aux chevilles, et je n'ai rien touché", raconte Emile, livreur et membre du CLAP. S'ils sont auto-entrepreneurs, ils souhaitent quand même avoir une couverture sociale. "Si on a un accident qui nous empêche de travailler, on est obligé de puiser dans nos économies pour survivre, on n'est absolument pas aidé. C'est tout juste si Deliveroo nous souhaite un bon rétablissement", raconte un livreur cagoulé, qui préfère rester anonyme. Des conditions de travail dures, un employeur difficile à joindre et surtout... moins de travail. Depuis le mois de mars, Deliveroo a embauché de nombreux livreurs, qui se battent aujourd'hui pour les créneaux et les courses. On comprend pourquoi l'entreprise souhaite payer tous ses livreurs à la course. 

Fumigène et slogans

Place de la République, quelques syndicalistes ont pris la parole, manifestant leur soutien. Les livreurs, appelés à s'exprimer ont été globalement timides, à l'image de leur mouvement balbutiant. Ensuite, tout le rassemblement s'est dirigé vers le canal Saint-Martin pour "bloquer une rue". Le cortège s'est arrêté devant le Petit Cambodge, restaurant du 11e arrondissement tristement célèbre depuis les attentats du 13 novembre. Les livreurs ont battu le pavé - à pied - en chantant "de l'argent, il en faut, pour les livreurs à vélo" et un fumigène a été allumé. Une façon de montrer que même si le mouvement est encore embryonnaire, ils savent déjà manifester leur colère.

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