Violence et radicalité : les lycéens sont-ils devenus plus influençables ?

Violence et radicalité : les lycéens sont-ils devenus plus influençables ?

ENQUÊTE – Une équipe de chercheurs français du CNRS s’est intéressée à la "porosité des idées radicales dans l’univers des lycéens d’aujourd’hui", qu’elle soit politique ou religieuse. Verdict : une minorité d’entre eux estime que les comportements déviants sont acceptables.

Que pensent les jeunes du fondamentalisme religieux ? Jugent-ils que la violence soit légitime pour défendre leurs idées ? Les chercheurs du CNRS se sont posé ces questions après les attentats de 2015. Dans une étude, publiée ce lundi 20 mars, ils ont tenté de mesurer l’impact des idées radicales, notamment religieuses, chez les lycéens.


Pour cela, ils ont confronté les opinions de 7000 élèves de seconde issus des "Zones urbaines sensibles (ZUS)" (des "jeunes musulmans, jeunes frontistes, jeunes scolarisés dans des filières professionnelles"), avec celles de 1800 jeunes représentant "l’ensemble des 14-16 ans". Olivier Galland et Anne Muxel précisent que le premier échantillon, "volontairement biaisé", souhaite donner la parole à un panel "peu étudié habituellement".

L’absolutisme religieux est très loin d’être majoritaire chez les musulmansAnne Muxel, co-auteure de l'étude

Selon les conclusions du CNRS, l’étude montre que le premier panel légitime davantage le recours à la violence que le second. Dans le détail, près de 25% d’entre eux jugent acceptables certains comportements, comme mener une action violente, affronter la police ou voler un scooter, contre seulement 8% de l’échantillon témoin. Le classement par religion révèle que 33% des jeunes de confession musulmane y sont plus favorables, contre 22% des athées, et 20% des chrétiens. 


Toujours sur la religion, 11% des jeunes interrogés affirment qu’il n’y a qu’une "seule vraie religion" et qu’elle aurait "raison contre la science dans l’explication de la création du monde". Une idée qui l’emporte là encore chez les jeunes de confession musulmane. Malgré tout, ils ne sont que 4% à se dire concernés par "l’absolutisme religieux" et la "tolérance à la violence". Des chiffres qui montrent que "l’absolutisme religieux est très loin d’être majoritaire chez les musulmans", tient à préciser Anne Muxel, l’un des auteurs de l’étude. 

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