"Vivre mieux" avec les aides sociales qu'au Smic : Bruno Le Maire se trompe

"Vivre mieux" avec les aides sociales qu'au Smic : Bruno Le Maire se trompe

FACT CHECKING - Le candidat déclaré à la primaire de la droite a estimé mercredi soir qu'un individu se contentant de l'aide de l'Etat pouvait vivre mieux que quelqu'un au Smic. Metronews a fait les comptes.

Bruno Le Maire veut "lutter contre les injustices". Invité mercredi soir du 20 Heures de TF1, l'ancien ministre de l'Agriculture, candidat déclaré à la primaire à droite pour 2017, a présenté les grands axes de son programme s'il venait à être élu. Parmi celles-ci, on trouve la privatisation de Pôle Emploi, la dégressivité des allocations chômage, une modification des règles d'embauche des fonctionnaires, etc. Bruno Le Maire reprend également à son compte une vieille rengaine de la droite estimant que "celui qui a décidé d'accumuler les aides sociales va arriver à vivre mieux que celui qui travaille et qui vit au niveau du Smic."


Peut-on vraiment rester sur son canapé toute la journée et vivre décemment ?  L'association ATD Quart Monde  s'est penchée sur cette question afin d'apporter, chiffres à l'appui, une réponse aussi objective que possible. Sa conclusion est sans appel : mieux vaut se lever le matin !

Au Smic, plus de revenu pour les mêmes "avantages"

Plusieurs éléments entrent en effet en ligne de compte. A commencer par le fait que, bien qu'étant au Smic, un salarié peut tout de même bénéficier d'un complément de revenu. Depuis le 1er janvier, la prime d'activité a remplacé le RSA activité et permet, selon les situations familiales, d'ajouter quelques centaines d'euros de plus chaque mois aux revenus. Ce n'est pas tout, puisqu'un individu gagnant le Smic peut accéder à un certain nombre d'avantages dont profitent les bénéficiaires du RSA. C'est par exemple le cas de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), les tarifs sociaux de l'électricité et du gaz, les impôts locaux ou encore la redevance télé.

A l'arrivée, la différence de revenu entre celui qui se lève le matin pour aller travailler et celui qui se contente de l'aide de l'Etat est significative. Selon les calculs d'ATD Quart Monde, cela représentait -avant la création de la prime d'activité - un écart de 500 euros environ par mois en faveur du salarié au Smic. Suffisant pour convaincre que le travail rapporte plus que de rester chez soi...


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