Bulgarie-France (0-1) : l'échec du 4-3-3 et de la triplette magique Mbappé-Griezmann-Lacazette

Bulgarie-France (0-1) : l'échec du 4-3-3 et de la triplette magique Mbappé-Griezmann-Lacazette

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DÉCRYPTAGE - Au delà de la victoire, le match face à la Bulgarie a mis en lumière l'inefficacité du 4-3-3 abandonné depuis l'Euro 2016 par Didier Deschamps. Décryptage.

Mon dieu, que ce fut laborieux. Ce samedi soir, l’équipe de France s’est imposée sur la pelouse de la Bulgarie 1-0 à Sofia et a fait un grand pas vers la qualification directe pour la Coupe du Monde en Russie l’année prochaine. Il ne restera aux Bleus qu’à s’imposer mardi 10 octobre face à la Biélorussie, au Stade de France, pour valider son ticket. Une tâche largement à la portée des Français. Pourtant, le match de Sofia est loin d’avoir satisfait le public et les experts notamment sur le plan offensif. Décryptage.

Des attaquants aux abonnés absents

Souvent critiqué pour sa frilosité tactique, Didier Deschamps avait décidé de ressortir de son chapeau le 4-3-3 pour le match face à la Bulgarie, une première depuis le 8ème de finale de l’Euro 2016 face à l’Irlande. Exit donc le 4-2-3-1 cher au sélectionneur. DD a aussi fait un autre choix fort en titularisant à la pointe de l’attaque Alexandre Lacazette en lieu et place d’Olivier Giroud, un de ses hommes de confiance. Une décision qui permettait de placer le prodige Kylian Mbappé à la droite de l’attaque, comme au PSG, et de décaler Antoine Griezmann sur le flanc gauche.


Une disposition pleine de promesses car Didier Deschamps avait décidé de titulariser trois joueurs rapides, capables de permuter et de casser les lignes par leurs appels. Soit ce qui s’est passé au début du match face aux Bulgares. Après l'ouverture du score très rapide de Blaise Matuidi (3ème minute), Griezmann et Mbappé ont permuté de manière incessante et déstabilisé la défense bulgare. À deux reprises, le prodige parisien faisait parler ses qualités de dribles pour délivrer deux superbes passes pour Griezmann (26e) et Lacazette (29e) sans que ces derniers n’arrivent à conclure.

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3' Bulgarie 0 - 1 France : Voir le but de Matuidi en vidéo

Mais ce fut tout. Le trio Lacazette-Mbappé-Griezmann s’est ensuite montré incapable de se procurer des occasions franches malgré son indiscutable supériorité sur la défense bulgare. Un constat très visible en seconde mi-temps, où la combativité et l’agressivité des Bulgares les a empêchés de combiner et de prendre l’intervalle. Les entrées de Dimitri Payet et d’Olivier Giroud en lieu et place d’Alexandre Lacazette et de Kylian Mbappé n’auront pas permis de marquer un deuxième but et d'offrir aux Bleus une fin de match sereine.

Le 4-3-3 en cause

Si l’animation offensive est à blâmer, le milieu de terrain l’est tout autant. Dans le 4-3-3 mis en place par Didier Deschamps, Kanté jouait en sentinelle devant la défense et la paire Blaise Matuidi- Corentin Tolisso au milieu. Malgré un début de match canon avec l’ouverture du score de Matuidi, le milieu des Bleus a commencé à vaciller après la sortie sur blessure du joueur de Chelsea, remplacé par Rabiot (34e). Le Parisien, dont c'était la 4e sélection (et le deuxième match officiel), n’a jamais réussi à rentrer dans son match et a commis beaucoup d’erreurs techniques.


Volontaire, Tolisso et Matuidi ont tenté d’animer l’entrejeu des Bleus tant bien que mal, mais sans succès, exposant les limites du 4-3-3 défensif instauré par Didier Deschamps. Contrairement au 4-2-3-1 utilisé ces derniers matchs, encore plus en l'absence d'un Paul Pogba qui ne mange pas la feuille, ce système ne permet pas de se projeter rapidement vers l’avant et ainsi de mettre les attaquants Bleus dans les meilleures conditions. En l’absence d’un numéro 10 placé derrière la pointe de l’attaque, le relais entre le milieu et l’attaque est bien plus difficile car l’équipe se retrouve scindée en deux.

Lors de la victoire de la France face aux Pays-Bas 4-0 le 31 août dernier, Didier Deschamps avait fait le choix d’installer Griezmann en numéro 10, Lemar à gauche et Coman à droite. Difficile de le regretter, quand on se souvient de la performance exceptionnelle des attaquants bleus ce soir-là.

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