Dopage et corruption dans l'athlétisme : la Russie risque de le payer très cher

Dopage et corruption dans l'athlétisme : la Russie risque de le payer très cher

SCANDALE - Après la publication du rapport explosif de l'Agence mondiale antidopage, la Fédération russe est sur la sellette. Il lui est en effet reproché d'avoir acheté le silence des instances sur des cas de dopages lors des JO de Londres en 2012.

Clairement dans la ligne de mire. Depuis lundi, le dopage dans l'athlétisme mondial a son accusé numéro un : la Russie, son gouvernement et ses athlètes qui ont été cloués au pilori par l'Agence mondiale antidopage (AMA). Après la publication de son rapport explosif sur des cas de pratiques prohibées mais couvertes grâce à la corruption, l'instance a ainsi réclamé la suspension à vie de cinq athlètes russes (dont la championne olympique sur 800 mètres Mariya Savinova) et la non-participation du pays (arrivé 4e nation au rang des médailles en 2012) aux JO de Rio l'été prochain. 

Des demandes de sanctions qui n'ont évidemment pas plu en Russie, où le ministre des Sports, Vitaly Moutko, a dénoncé des décisions "politiquement motivées" et rappelé que l'AMA "n'a pas le droit de suspendre" un pays, puisqu'elle ne peut émettre que des avis consultatifs. L'exécutif est entre les mains de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) qui, malgré les protestations russes, a annoncé dans la foulée de la révélation de ce rapport qu'elle lançait la procédure d'application des sanctions demandées par l'AMA.

Interpole et le juge Van Ruymbeke sur le coup

Si le document est accablant pour Moscou et ses performances sur la piste, l'Agence précise que le "dopage organisé" concerne d'autres pays et d'autres sports, même si là n'était pas l'objectif officiel du rapport. Ainsi, face à l'ampleur de ce scandale international Interpol a annoncé qu'il allait coordonner une enquête mondiale sur le dopage, pilotée par la France. Une opération au nom particulièrement évocateur : "Augias", comme les écuries qu'avait dû nettoyer Hercule dans la mythologie

Une opération main propre d'envergure qui fait bien les affaires du nouveau président de l'IAAF Sebastian Coe, nommé l'été dernier, désireux de prouver qu'il veut rompre avec les pratiques de son prédécesseur Lamine Diack. En poste depuis 2011, le Sénégalais (82 ans) vient en effet d'être mis en examen pour corruption passive et blanchiment aggravé, soupçonné qu'il est par la justice française d'avoir accepté de pots-de-vin pour fermer les yeux sur des cas de dopage. Cette enquête internationale est d'ailleurs menée par le juge d'instruction Renaud van Ruymbeke.

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