Flics ripoux et fuite par la fenêtre, les aventures rocambolesques d'un contrôleur antidopage russe

Flics ripoux et fuite par la fenêtre, les aventures rocambolesques d'un contrôleur antidopage russe

ÇA TOURNE - Comme dans un film d'espionnage, le rapport rendu lundi par l'Agence mondiale antidopage dévoile une scène à peine croyable en Russie. Dans ce pays où un vaste système de dopage dans l'athlétisme a été mis en place, un contrôleur a dû fuir en pleine nuit la police, venue lui soutirer des échantillons positifs afin de les dissimuler.

C'est le monde à l'envers. Alors qu'en France les forces de l'ordre participent régulièrement aux enquêtes ouvertes par les instances qui luttent contre le dopage dans le sport, en Russie, il semblerait qu'elles soient plutôt mises à contribution pour étouffer les affaires. C'est en tout cas ce que nous apprend le rapport rendu public par l'Agence mondiale antidopage (AMA) lundi et qui relate l'épisode rocambolesque d'un contrôleur russe surveiller de très près par la police. Sa faute ? Avoir effectué des prélèvements sur des athlètes... 

Nous sommes à Saransk, en République de Mordovie, à plus de 500 km à l'Est de Moscou. Et l'homme raconte le déroulé de cette incroyable affaire, digne d'un film d'action : "J'ai passé plusieurs heures à donner des explications à la police, qui recherchait les échantillons, avec des policiers m'attendant devant mon hôtel pour m'accompagner moi et mes échantillons jusqu'au train (qu'il devait prendre pour rejoindre Moscou, ndlr)", explique dans le rapport celui qui a souhaité conserver l'anonymat. "La police de Moscou était déjà informée de mon arrivée et m'attendait (là-bas), juste pour s'assurer que les échantillons iraient bien au laboratoire d'analyses de Moscou", confie-t-il encore.

La famille du contrôleur a depuis subi des menaces

Un laboratoire, et peut-être même un autre plus clandestin installé dans la capitale moscovite, qui selon l'AMA participait à la triche organisée en allant jusqu'à détruire les échantillons compromettants. "Il y avait également un entraîneur dont plus de 20 athlètes ont été contrôlés positifs en quelques années (...) Il n'a pas hésité à appeler le laboratoire de Moscou, devant moi, pour leur donner les numéros des échantillons qui devaient leur arriver le lendemain, confirmant que la police gardait un œil sur eux et ajoutant que le laboratoire savait ce qu'il lui restait à faire", relate le contrôleur. 

"Quand j'ai quitté ma chambre en passant par la fenêtre avec l'idée de prendre un autre train que celui prévu, j'avais laissé la lumière et la TV allumées dans ma chambre, afin qu'ils imaginent que j'étais toujours à l'intérieur, raconte encore l'intéressé. La police attendait à la gare de Moscou et j'ai dû faire de mon mieux pour leur échapper et donner les échantillons à une autre personne (de confiance)". Cette personne transmettra ensuite les échantillons au laboratoire de Lausanne, où quatre contrôles positifs sortiront des analyses. Depuis, la personne ayant transmis les échantillons au laboratoire de Lausanne n'a plus été en mesure d'effectuer d'autres transferts, et la famille du contrôleur, dont sa mère, ont subi des menaces, affirme le rapport.

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