Monaco-Dortmund : les joueurs du Borussia espèrent "renverser" ce match pas comme les autres

LIGUE DES CHAMPIONS – L’AS Monaco reçoit le Borussia Dortmund ce mercredi soir. Une rencontre qui sera bien plus qu’un simple quart de finale retour de la compétition reine du football de clubs.

Des supporters lyonnais cagoulés fouettant à coups de ceintures des pères et des mères de famille, sous les yeux de leurs enfants venus encourager Besiktas au Parc OL jeudi. Des Turcs qui répliquent en arrosant les Lyonnais de bombes agricoles, provoquant un envahissement de terrain. Un autre envahissement de terrain, dimanche, pour insulter et molester les joueurs lyonnais sur la pelouse à Bastia. On n’oublie pas les trois charges explosives activées sur le passage du car des joueurs de Dortmund, mardi dernier, juste avant leur match de Ligue des champions contre Monaco. On l’oublie d’autant moins que les deux équipes se retrouvent ce mercredi soir sur le Rocher, pour le quart de finale retour, dans un contexte rendu encore plus tendu par les incidents susmentionnés survenus ensuite dans l’Hexagone, où un attentat terroriste vient d’ailleurs d’être déjoué ce mardi.

"Ce n’est pas une confrontation normale donc il ne devrait pas y avoir d’attentes"

Et le foot dans tout ça ? C’est désormais toute la question. Habituellement, la tension purement sportive qui entoure un match de ce niveau a quelque chose d’asphyxiant. Aujourd’hui, quand on y repense, on lui trouverait plutôt une certaine légèreté. Le Borussia Dortmund a ainsi débarqué dans le centre de Monaco, ce mardi, comme un cow-boy découvre les rues désertes d’une ville fantôme dans un vieux western : tous les alentours de l’hôtel ont été bouclés, inaccessibles à la moindre voiture, même les clients des palaces voisins étant interdits de circuler. Seuls les très nombreux policiers entourent les joueurs, ce qui doit à la fois les rassurer et les inquiéter.

Pour mémoire, les Allemands s’étaient inclinés 2-3 à domicile, dans le contexte que l’on sait, c’est-à-dire moins de 24 heures après le traumatisme des explosions. Sur les cinq cas précédents d'une équipe ayant perdu sur ce score dans son stade au match aller en phase à élimination directe de la Ligue des Champions, elle a toujours perdu. Sauf qu’en l’occurrence, il convient de relativiser. 

"Ce match va créer un lien"

"Nous savons que nos chances ne sont pas très élevées mais il y en a une. Nous en sommes conscients alors nous allons essayer de la saisir. Si l’équipe se souvient des choses extraordinaires que nous avons faites la semaine dernière, elle aura plus de force et de confiance. En battant Francfort samedi, les joueurs ont fait un travail incroyable, après ce qu’il s’est passé. Ils ont su gérer cette situation alors il reste cette chance de renverser la situation. Mais il n’y a pas d’attentes. Dès l’instant où l’attaque s’est produite, tout le monde a su que nos chances allaient être réduites. Ce n’est pas une confrontation normale donc il ne devrait pas y avoir d’attentes", formule parfaitement Michael Zorc, le directeur sportif du Borussia, dans des propos repris par France Football.

Quoi de plus beau, finalement, que de n’avoir rien à perdre, et de jouer pour le seul plaisir du football ? Ce refuge, certes ponctuel, mais très exaltant, protégeant du reste de la vie. Quoi de plus beau ? Peut-être ce hashtag WelcomeBVBFans lancé sur les réseaux sociaux pour que les Monégasques répondent à l’hospitalité des Allemands, qui les avaient hébergés au moment du report du match aller, la semaine dernière. "Aucun supporter de Dortmund n’aura de mal à se loger, assure ainsi à L’Équipe l’administrateur de la page Facebook 'Daghe Monegu'. Je connais une quinzaine de personnes qui ont reçu des demandes : ‘On peut venir boire un verre ? Vous habitez où ?’Ce match va créer un lien. Ça fait dix ans que je vais à Louis-II, je n’ai jamais vu ça. Vu ce qui s’est passé, ça va être vraiment sympa, sans animosité, sans antagonisme." Un retour à l’essentiel.

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