Mondiaux de hand : pourquoi l'équipe de France gagne (presque) toujours à la fin ?

Mondiaux de hand : pourquoi l'équipe de France gagne (presque) toujours à la fin ?

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EXPERTS - Depuis 2001, les Bleus, qui sont les grands favoris de la Coupe du monde qui s'ouvre en France ce mercredi jusqu'au 29 janvier en France, ont remporté deux médailles d'or olympique (2008 et 2012), quatre titres de champions du monde (2001, 2009, 2011, 2015) et trois d'Europe (2006, 2010, 2014). Une culture de la gagne, dont on vous explique les ressorts.

Parce que Claude Onesta

Désormais manager général de l'équipe de France - l'ancien sélectionneur a laissé le champ libre en septembre dernier au duo Didier Dinart et Guillaume Gille, après les avoir préparé à leur nouvelle fonction ces dernières années - Claude Onesta ne sera tout de même jamais bien loin des Experts durant ces Mondiaux. Incarnation du règne quasi sans partage du handball français depuis plus de deux décennies, l'Albigeois, qui a tout de même pris le relais de Daniel Costantini en 2001, n’a laissé filer qu'une finale durant son mandat : celle perdue face au Danemark lors des derniers JO de Rio. Un savoir-faire dans la victoire, que le technicien estime avoir transmis à ses deux successeurs et aux Experts (tout de même sous sa tutelle, au cas les choses virent au vinaigre dans les prochaines semaines...) et qui n'exempte pas les Bleus de quelques ratés - ils n’ont par exemple été que cinquièmes lors du dernier Euro et ont fini sixième du Mondial 2013 –, mais qui permet surtout de voir venir cette Coupe du monde à domicile avec pas mal de confiance. 

Le secret de la méthode Onesta, dont Dinart et Gilles sont désormais les garants ? De la lucidité sur les failles du groupe France avant d'entamer une compétition et une capacité dédramatiser l’événement. Ainsi, sa grosse voix lui servait aussi bien à recadrer les hommes (rôle repris par Dinart) qu’à les installer dans une zone de confort pour qu'ils expriment pleinement leur talent (le périmètre de Gille). Avec le succès que l'on connaît.

Parce les Bleus se sont adaptés

Ce passage de relais entre Onesta, Dinart et Gille est l'illustration parfaite de la capacité de cette équipe de France à savoir se transformer par étape, tout en conservant ce qui a fait et fait toujours sa force. Bronzés (1992), Barjots (1993-1996), Costauds (2001-2008) ou Experts (depuis 2008), les Bleus ont donc beaucoup changé depuis toutes ces années, mais avec à chaque fois ce même équilibre difficile à conserver : une ossature d’anciens et quelques petits nouveaux intégrés avec parcimonie. A Rio, la nouvelle génération des Timothey N'Guessan (24 ans) ou Ludovic Fabregas (20 ans, 14 sélections) avait ainsi répondu présente en jouant des bouts de match et faisant notamment jeu égal pendant une mi-temps avec le Danemark en poules. 

A chaque compétition, on accueillait des petits nouveaux qui dépannaient et petit à petit, ce sont eux qui sont devenus les patrons"Jérôme Fernandez

Pour ces Mondiaux, on retrouve donc ce mélange des âges, auquel est encore venu se greffer Yanis Lenne (20 ans), qui fera office de 17e homme en cas de blessure. Durant la préparation de ces Mondiaux, d'ailleurs, si Dika Mem (19 ans) et Benoît Kounkoud (19 ans) ont pour la première fois pu goûter à la sélection mais n'ont finalement pas été retenus, ils ont en tout ca pris rendez-vous avec l'avenir. "L’équipe de France a toujours fonctionné comme ça, expliquait à LCI  durant les Jeux Jérôme Fernandez (390 sélections entre 1997 et 2015). A chaque compétition, on accueillait des petits nouveaux qui dépannaient et petit à petit, ce sont eux qui sont devenus les patrons".

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Parce que les tauliers sont toujours là

Même s’ils ne sont plus que sept champions olympiques de Londres présents lors de ces Mondiaux (Thierry Omeyer, Luc Abalo, Michaël Guigou, Cédric Sorhaindo, Nikola Karabatic, Daniel Narcisse et William Accambray), les anciens sont là pour faire la différence sur le terrain et pas seulement servir de guides au plus jeunes. Lors des derniers JO, ce sont d'ailleurs Karabatic - en mode guerrier lorsqu’il s’est agi de faire face à la pression du public brésilien en quart de finale -, Narcisse - en héros avec son but à l’ultime seconde face à l’Allemagne en demie - et, bien sûr, l’infranchissable Omeyer dans ses cages, qui ont notamment porté cette jusqu'en finale. Ces deux derniers, respectivement 37 et 40 ans, étaient d'ailleurs présents lors du titre de champion du monde en 2001 (compétition déjà organisée en France...), et comptent bien remettre ça 16 ans après. "Il y a des matins où je me lève et je me dis oui (il est temps de penser à la retraite, ndlr) tellement la saison est compliquée, raconte Narcisse. Il y a en a d'autres où je ressens encore beaucoup d'énergie pour continuer à apporter quelque chose à l'équipe de France. Je joue vraiment les compétitions comme si c'était les dernières". Et tant qu'à faire, autant la gagner.

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