Le très généreux dispositif fiscal qui va bénéficier à Neymar

MONEY MONEY - En rejoignant le PSG, Neymar, qui va effectuer ses grands débuts en Ligue 1 dimanche soir à Guingamp, a suscité les réjouissances du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. Une satisfaction qui aurait pu être encore plus élevée, mais c'était sans compter le dispositif fiscal très avantageux pour le joueur.

Pour faire venir Neymar au PSG, le club qatari ne fait pas les choses à moitié. Outre son transfert hors norme, estimé à plus de 222 millions d'euros, il lui propose un salaire qui l'est tout autant : 30 millions d'euros par an, selon diverses estimations. Invité de la matinale de France Inter jeudi 3 août, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin se disait d'ailleurs "réjoui des impôts qu'il [allait] pouvoir payer en France". Selon les calculs du Figaro, l’attaquant rapporterait en effet 37,5 millions d’euros par an à l’Etat, soit près de deux fois ce que rapportait Zlatan Ibrahimovic. Mais pour Christian Eckert, interrogé par l'AFP, "c'est vraiment loin d'être aussi simple que ça". "Il y a peu de revenus fiscaux derrière tout ça, d'autant plus qu'il y a toujours des montages", explique l'ancien secrétaire d'Etat au Budget. LCI vous explique pourquoi.


Devenu impatrié, terme qui désigne un collaborateur étranger appelé pour occuper un emploi en France, Neymar va bénéficier du régime réservé à ce type de salariés. Mis en place en 2003 pour attirer d'avantage de chercheurs et autres cerveaux sur notre territoire, il leur permet de bénéficier pendant huit ans d'un abattement de 50% sur l'impôt sur le revenu, concernant les rentrées d'argent passives (dividendes, passifs, etc.) en provenance de l'étranger. Les impatriés profitent aussi pendant cinq ans d'un impôt sur la fortune (ISF) uniquement applicable à leur patrimoine français, et non mondial. La prime d'impatriation est quant à elle non-imposable.

Des avantages fiscaux à la pelle

Sur une période de 8 ans donc, Neymar se verra octroyer un abattement fiscal de 50% sur l'impôt sur le revenu concernant l'argent touché à l'étranger, notamment grâce à de juteux contrats passés avec des sponsors. "Les droits à l'image payés par les sponsors peuvent représenter une très grosse partie des rémunérations des sportifs", souligne pour LCI Sandra Hazan, avocat associée au cabinet Dentons et responsable de la pratique fiscale. 


Ses revenus de source française, eux, seront imposés normalement à l'ISF, "sauf dans le cas où il déciderait de les placer sur un compte à l'étranger", nuance la fiscaliste. Dans ce cas-là, il ne paierait pas l'ISF  dont il devrait normalement s'acquitter sur ce compte bancaire.


Pendant 5 ans, le joueur de foot ne paiera donc pas l'impôt sur la fortune, applicable aux actifs (villas, argent placé en bourse...) sur tous ses biens situés à l'étranger. "Cela permet de sortir du champ de cet impôt les sociétés de gestion de droit à l'image", fait notamment remarquer Sandra Hazan. L'avantage, donc, devrait lui épargner des sommes colossales à payer à l'Etat français.



Enfin, en arrivant en France, Neymar s'est également vu octroyer une prime dont le montant (plafonné à un montant encore inconnu) est totalement exonéré d'impôt sur le revenu. Celle-ci peut englober toutes sortes de dépenses, comme le loyer de son hôtel particulier, le salaire de ses chauffeurs et femmes de ménage, ou encore le montant de la différence entre son ancien salaire au Barça et ce que lui verse le PSG.

Neymar déjà condamné pour fraude fiscale

Grâce à tous ces avantages, la nouvelle coqueluche du club parisien se voit éviter de verser une somme plus rondelette au fisc français. Et cela à condition qu'il "ne trouve pas de stratagème fiscal à la Ronaldo pour ne pas payer d'impôts..." souligne la porte-parole de l'ONG Oxfam France, Manon Aubry.

L'attaquant du Real Madrid et du Portugal, soupçonné d'avoir escroqué 17,7 millions d'euros, a en effet été convoqué ce lundi par la justice espagnole en vue d'une mise en examen. Gérald Darmanin, lui, assure que ses services vont surveiller de près le montage financier du transfert. D'autant plus que Neymar a été reconnu coupable de fraude fiscale par la justice brésilienne en mars 2016. Condamné à payer une cinquantaine de millions d'euros, il a par la suite vu la somme considérablement réduite en appel. 

Si les rentrées d'argent semblent considérablement réduites pour l'Etat, celui-ci pourra tout de même compter sur les ventes de maillots à l'effigie du joueur, ainsi que des places de matches. Celles-ci sont respectivement taxées à 20 et 5,5%. De plus, le PSG devra débourser plus de 7 millions d'euros par an en cotisations salariales pour sa nouvelle acquisition.

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