Marathon de Paris : pour la première fois, pour le chrono ou pour la bonne cause, paroles de marathoniens

Marathon de Paris : pour la première fois, pour le chrono ou pour la bonne cause, paroles de marathoniens

PRÉPARATION - A quelques jours du marathon de Paris, les participants peaufinent leur préparation, souvent démarrée des mois en amont. L'occasion de se pencher de plus près sur cette préparation, à la fois dans la peau d'une personne le disputant pour la première fois, d'un "runner" ayant déjà goûté au bitume parisien et d'un coureur qui y participe pour une association.

Ce dimanche 9 avril, Paris vivra au rythme du running le temps d’une journée, à l’occasion du 41e marathon de Paris. Parmi les 57.000 participants inscrits, des profils totalement différents vont se confronter. De ceux qui disputent leur premier marathon aux coureurs expérimentés. Mais dans les mois qui précèdent la course, comment se préparent –ils ? LCI leur a posé la question.

Morgane, premier marathon

"J’ai commencé à m’entraîner il y a pas mal de temps, à partir de la fin du mois d’août et j’ai commencé les entraînements en septembre. Je m’y suis mise à fond. J’ai commencé par 8 km et j’ai fini ma session mercredi avec une course de 30 km. C’était ma dernière vraie longue course avant le marathon. En plus de celle-ci, je fais trois séances de fractionné, avec 10 minutes à 8,5 km/h et une minute à 15,5 km/h. Au niveau alimentaire, ce n’était pas vraiment strict au départ même si je suis habituée à manger sain. Mais c’est vrai que depuis une semaine, j’essaie vraiment de me focaliser sur des protéines et un peu de légumes. Je mange beaucoup d’œufs et de poulet, tout ce qui m’aide à prendre des forces. Mais globalement cela n’a pas été une contrainte car je cours beaucoup en règle générale.


Mentalement, ce qui est troublant, c’est que je ne sais pas du tout où je vais, je n’ai jamais couru 42 km même si j’ai déjà fait des courses longues type Paris-Versailles ou encore 30 km à l’entraînement. Psychologiquement, je n’ai pas trouvé cela spécialement compliqué mais j’avoue que cela fait à peu près un mois que j’y pense beaucoup voire que je ne pense qu'à ça, au point de compter les jours. Je sais que je suis prête physiquement à courir 30 km mais 42 km avec la pression des gens autour de toi, ceux qui partent très vite, je ne suis pas sûre. En tout cas, j’ai hâte au jour J."

Nicolas, déjà deux marathons de Paris à son actif

"J’ai commencé de manière intense ma préparation le 1er janvier au matin ! C'était un bon moment pour mettre en pratique les résolutions prises lors de la Saint Sylvestre, notamment d'arrêter l'apéro pendant 3 mois … Je me suis concocté mon propre plan de préparation (côtes le mardi, fractionnés le jeudi, sorties longues le samedi, exercices intensifs en groupe le dimanche) que j'ai suivi plus ou moins fidèlement, avec une montée en intensité à partir de février. Mentalement, c’est difficile d’entrer dans une bulle quelques jours avant l'épreuve, mais ce n'est finalement pas plus mal que l'occupation du quotidien m'évite les angoisses improductives quelques jours avant. 


Par rapport à mon premier marathon, il y a une différence au niveau physique. Dès le premier, je me suis astreint à un plan régulier de préparation de 3 mois démarrant aux premiers jours de l'année, et rythmé à chaque fois par 4 sorties hebdomadaires. Cependant, j'ai pu mettre à profit mon expérience pour augmenter dès l'année suivante le nombre de kilomètres parcourus avant d’augmenter l’intensité cette année. Je suis à chaque marathon plus ambitieux et c'est bien connu : no pain, no gain ! Mon objectif est de boucler les 42 kilomètres en 3h30, contre 3h39 l'année dernière. Vais-je y arriver ? On verra bien !"

Ronald, court pour l'Institut Curie

"J'ai vraiment commencé à m'entraîner à partir du mois de janvier, même si je cours régulièrement. Petit à petit, j'ai fait des sorties longues toutes les semaines d'à peu près 10-15 min pour pouvoir arriver à des sorties de 2h30 maximum, pour une distance maximale de 25-32 km. Si j'effectue mes sorties seul, je cours également dans un club avec une intensité d'entraînement plus importante, notamment le dimanche. Mon premier objectif est de franchir la ligne d'arrivée (rires). Sinon, je vise un chrono d'un peu moins de 3h15.  Pour être honnête, bien sûr que le stress est présent, ça reste une course, une compétition sur une distance longue. En même temps, je relativise, surtout parce que je cours pour une bonne cause. C'est une motivation supplémentaire qui quoiqu'il en soit, m'oblige entre guillemets à terminer la course. 


Sinon, j'ai déjà participé à huit éditions du marathon de Paris. Pour Curie, je fais des marathons mais aussi l'opération nationale "Une jonquille pour Curie". Courir pour le chrono, c'est bien, mais parfois ce n'est pas une motivation suffisante. La lutte contre le cancer me tient beaucoup à coeur. Faire un marathon, c'est difficile, et à beaucoup de moments, on lutte, un peu à l'image du combat contre la maladie. Je connais malheureusement des personnes qui ont eu un cancer, notamment une personne qui était atteinte d'un cancer du sein. J'ai aussi été amené à courir avec des personnes également malades. Quand on a un cancer, le fait de courir fait du bien. Le simple fait de courir pour la bonne cause, cela permet d'aller vers les autres, cela permet de parler d'autre chose. Quand on a quelque chose à partager sur le plan humain, c'est toujours bénéfique. Directement ou indirectement, nous sommes tous concernés par la lutte contre le cancer, jeunes comme moins jeunes."

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