Alexandra Lamy : "Tant qu'on n'est pas mort, on a tous des ressources insoupçonnables"

Alexandra Lamy : "Tant qu'on n'est pas mort, on a tous des ressources insoupçonnables"

INTERVIEW – Entre Alexandra Lamy et TF1, c'est une histoire qui dure. Après l'énorme succès d'"Une chance de trop", la comédienne revient à l'affiche d'un téléfilm bouleversant. Inspiré de l'histoire vraie de Marie-Laure Picat, "Après moi le bonheur" raconte le combat d'une mère de famille condamnée par un cancer, qui fera tout pour avoir le droit de choisir une famille d'accueil pour ses quatre enfants.

Après moi le bonheur est un film bouleversant. Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous frotter à un sujet aussi difficile ?
Quand on a présenté le film au FIPA de Biarritz, beaucoup de gens sont venus me voir pour me dire qu'ils avaient beaucoup pleuré en voyant la fiction. Mais que ça leur avait aussi donné envie de prendre leurs enfants dans les bras et profiter à fond de la vie. C'est vrai que le sujet peut effrayer : quand on entend les mots cancer, mort et enfants, on se dit ça va être plombant. Mais en réalité ce film est un hommage à la vie.

C'est vrai que paradoxalement, c'est une fiction pleine d'espoir...
Oui car le fait que Marie-Laure ait un compte à rebours, ça la pousse à profiter à fond de la vie. En sortant du tournage, je me suis dit qu'elle avait raison : il faut savourer chaque instant et dire aux gens qu'on les aime. Ce matin quand j'ai quitté ma fille je lui ai dit que je l'aimais, parce qu'au moins s'il m'arrive quelque chose, elle le saura. Mais par pudeur, ou parce qu'on n'a pas le temps, on ne le fait pas toujours.

Marie-Laure Picat est une femme incroyable. Connaissiez-vous son histoire  ?
Je me souvenais d'elle au JT. C'est une femme d'une force incroyable, avec un sens de l'humour à toute épreuve. Une de ses meilleures amies m'a dit qu'elle s'était écroulée quand elle a su qu'elle était condamnée. Mais rapidement, elle a décidé qu'elle allait profiter à fond de la vie. Vers la fin, alors qu'elle ne paraissait pas si malade, quand son amie avait évoqué une éventuelle guérison, Marie-Laure lui a dit "Surtout pas ! J'ai profité comme jamais avant et là je suis prête."

"La cadette a regardé le film 40 fois"

Avez-vous lu son livre Le Courage d'une mère ou rencontré des proches pour vous préparer ?
Rien du tout. Je ne voulais pas rencontrer ses enfants, ni lire son autobiographie. J'ai travaillé uniquement sur elle : j'ai regardé toutes ses interviews ainsi que les reportages qui lui ont été consacrés pour voir comment elle parlait, ce qu'elle dégageait. Quand on raconte l'histoire de quelqu'un qui a vraiment existé, on a une grande responsabilité sur les épaules. Je voulais être le plus juste possible. Je n'ai rencontré ses enfants qu'une fois le film terminé.

Qu'en ont-ils pensé ?
L'aînée, ça doit faire une vingtaine de fois qu'elle le regarde. Quant à la plus petite, qui doit avoir 12 ans maintenant, une quarantaine. Comme elle a très peu de souvenirs de sa mère, le film lui permet de voir comment elle était. Le plus beau compliment est venu de leur part. Après avoir vu le film, ils ont dit : "Alexandra, c'est maman". Ça m'a bouleversée. Vous pouvez avoir toutes les meilleures critiques du monde, aucune ne peut égaler ça.

Le téléfilm est-il réellement fidèle à l'histoire de Marie-Laure ?
Oui, tout est vrai même si certaines choses peuvent paraître romanesques, comme le fait que Marie-Laure ait réellement trouvé l'amour auprès d'un homme avant de mourir. Ils ont eu le coup de foudre et il l'a accompagnée jusqu'au bout.

"Il faut arrêter ce snobisme entre la télévision et le cinéma" 

Pensez-vous que vous auriez eu la même force que Marie-Laure si une telle histoire vous arrivait ? 
Je pense que nous les femmes, on a toutes cette force au fond de nous. On est toutes capables de ça. Je suis marraine d'une petite association qui aide des enfants victimes de maladies orphelines, ainsi que leurs parents. J'ai d'ailleurs réalisé Une vie de malade, un documentaire pour "Envoyé Spécial". En faisant le sujet, je pensais que j'allais m'effondrer face à ces gamins, mais en fait quand on les rencontre, il n'y a que de la vie. Des expériences comme ça, ça change tout. C'est rassurant de se dire que tant qu'on n'est pas mort, on a tous des ressources insoupçonnables.

Y a-t-il une scène qui vous a particulièrement marquée ? 
Il y en a eu plusieurs mais celle qui m'a bouleversée, c'est quand Marie-Laure raconte à ses enfants l'histoire de la poule, et qu'elle essaie de leur expliquer qu'elle va bientôt mourir. J'ai été tellement submergée par l'émotion, que j'étais incapable de dire mon texte. J'étais dans une telle projection que j'ai fondu en larmes.

Le tournage n'a-t-il pas été trop difficile pour les enfants ?
Non, parce qu'on les a beaucoup protégés, on a joué avec eux. On leur a expliqué que tout cela c'était du jeu et personne n'a été traumatisé. Ils ont été incroyables. Quand on les a revus à l'avant-première, ils n'ont pas trouvé l'histoire triste. Au contraire, pour eux, Marie-Laure a profité de la vie et elle s'est pleinement occupée de ses enfants.

TF1 vous a offert deux beaux rôles à peu de temps d'intervalle. C'est une belle exposition pour vous...
J'avoue que j'ai été impressionnée par le succès d’Une chance de trop. C'est la preuve qu'il faut arrêter ce snobisme entre la télé et le cinéma. Ce qui est génial c'est de pouvoir passer de l'un à l'autre. A l'époque on m'avait proposé de monter l'histoire de Marie-Laure Picard au cinéma. J'ai dit surtout pas ! On va faire 250 000 entrées et il va falloir que je me prostitue dans toutes les émissions de promo. Alors que là, chez eux les gens sont prêts à regarder ça.

A LIRE AUSSI 
>> Qui était Marie-Laure Picat, cette mère courage que fait revivre Alexandra Lamy ?
>> Pourquoi le placement des fratries "est une galère monumentale"
>>  Alexandra Lamy, dans "Une chance de trop" : "Pour Harlan Coben, je suis la meilleure comédienne du monde !"
>> 
Alexandra Lamy : avant "Une chance de trop", le top 5 de ses meilleurs rôles

Après moi le bonheur, ce soir à 20 h 55 sur TF1

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques