Laurence Haïm, la nouvelle recrue d'Emmanuel Macron : sa folle histoire d’amour avec Twitter

C’EST UN BEAU ROMAN... – L’ancienne journaliste d’ITELE, désormais membre de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, est indissociable de ses saillies en 140 signes ou moins. Parfois mal orthographiés – la faute au clavier Qwerty- , souvent détonants, elle signe ses messages de ses initiales. Tel un chef d’Etat. Car la reine de Twitter, c’est elle.

Elle gazouille depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Seule journaliste française à y bénéficier d’un "accès total" pendant les huit années du mandat de Barack Obama, qu’elle a interviewé trois fois, Laurence Haïm a partagé sur Twitter chacun des petits détails de son quotidien à Washington. Et comme Valérie Trierweiler, elle ne tourne pas sept fois son pouce avant de tweeter. Ses messages sur le réseau social ont autant, voire plus, fait parler d’elle que ses nombreux duplex à l’antenne d’iTELE. "J'ai l'impression que je fais plus mon métier en racontant tous les détails de cette administration, en twittant au quotidien", dit-elle dans un entretien à Téva.

Le premier tweet remonte au 23 juin 2009. Un texte en anglais relayant un accident de train ayant fait un mort à Washington. Information concise et claire. Dans une interview à ELLE l'an dernier, elle explique que Twitter est son réseau social préféré "parce qu'il représente l'avenir de l'information en continu". "Il me donne une liberté fantastique dans mon métier : je décide de ma ligne éditoriale et je n'ai à supplier personne pour qu'on passe mes infos !", souligne-t-elle. Laurence Haïm ne se prive en effet de rien dans ses tweets. Depuis huit ans, des messages plus cocasses côtoient des informations plus sérieuses et ses désormais fameuses "analyses lh". Car à la manière d'un Barack Obama, la journaliste signe souvent ses tweets de ses initiales.

Si les gens me connaissent par Twitter, c'est le compliment de l'année : c'est l'avenirLH

Il y a eu des tweets incompréhensibles, des photos plus ou moins anecdotiques issues de ses balades dans les jardins de la Maison-Blanche. Elle invective même le président américain pour qu'il la suive sur Twitter. Elle regrette certains de ses envois, notamment "ceux où j'exprimais ma frustration de ne pas réussir à faire passer certaines histoires à la télé... Or Twitter n'est pas fait pour ça", glisse-t-elle à ELLE. Elle s'excuse aussi pour ses nombreuses "fautes de frappe". "En direct, tout va si vite !", se justifie-t-elle dans l'hebdomadaire féminin tout en rejetant la faute, plus tard, sur son clavier Qwerty.

 De quoi donner des idées à certains. @LaurenceHIMYM, un compte parodique reprenant ses tics de langage, fait le bonheur de 4 731 abonnés, dont son héroïne. A ceux qui critiquent son utilisation intensive du réseau social, la journaliste a une réponse toute trouvée. "Les leçons 'Twitter c'est superficiel, c'est 140 signes', je m'en tape", raconte-t-elle à Society. Elle est même très fière de sa notoriété numérique. "Si les gens me connaissent par Twitter, c'est le compliment de l'année : c'est l'avenir", répète-t-elle encore.

"Un nouveau monde" avec Macron

Son nombre de followers a grandi de manière exponentielle ces deux dernières années. Début 2015, son objectif sur Twitter était "d'atteindre les 100.000 abonnés et d'y devenir la spécialiste française du Pentagone et de la Maison-Blanche". Objectif atteint quelques mois plus tard - elle est désormais suivie par plus de 171.000 personnes - dont elle se félicitera dans une vidéo envoyée au "peuple de Twitter". "C'est un journalisme basé sur les réseaux sociaux et l'immense respect que j'ai pour vous alors merci du fond du coeur (...). J'espère continuer à vous informer le mieux possible, le plus possible sur Twitter", déclarera-t-elle.

Twitter devient même sa rédaction à part entière au moment de la grève chez iTELE cet automne. Laurence Haïm tweete alors tout ce qu'elle entend, tout ce qu'elle voit le soir de l'élection de Donald Trump. En ayant toujours une pensée pour ses collègues et "amis" "qui se battent avec courage pour le news".

Après huit ans de bons et loyaux services, la journaliste française quitte les Etats-Unis en même temps qu’elle quitte iTELE. Un départ qu’elle annoncé mardi. Sur Twitter, évidemment. C’est également en moins de 140 signes qu’elle a fait "son dernier reportage" mardi soir en relayant le discours d’adieu de Barack Obama. Mercredi, c'est le grand chamboulement. Elle enlève la mention "White House correspondent" de son profil et confirme, dans un tweet, qu'elle est "#EnMarche" et "ravie de rejoindre Emmanuel Macron et son équipe" pour la campagne présidentielle.  "Un nouveau monde m'attend", écrit-elle. Mais toujours son smartphone en main.

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