Nabilla : "J'ai une soif terrible de réussir !"

Nabilla : "J'ai une soif terrible de réussir !"

INTERVIEW – Soupçonnée d’avoir poignardé son compagnon, Thomas Vergara, Nabilla Benattia voit son étonnante ascension brutalement interrompue. En juin dernier, elle se confiait à metronews, à l’occasion du lancement de la deuxième saison de son émission Allo Nabilla, sur NRJ12. Son parcours, ses ambitions, les critiques à son égard… Un document que nous vous proposons de redécouvrir aujourd’hui.

Allo Nabilla revient en quotidienne, à partir du mois de juillet. C'est mieux qu'en prime time ?
Le prime a fait pas mal d'audience, contrairement à d'autres nouveautés de la TNT. Mais je suis contente de passer en quotidienne parce que l'exposition ne sera pas la même. Avec les nouveaux épisodes et les rediffusions, on va voir Allo Nabilla tout le temps en mettant NRJ12 !

Vous avez l'impression qu'on a davantage critiqué votre émission que d'autres ?
Oui. Je suis désolée mais j'ai fait un lancement à 600 000 téléspectateurs. Quand on voit les primes d'Enora Malagré avec Jean-Pierre Foucault, Benjamin Castaldi... Moi je suis venue toute seule avec ma petite famille. Avec du recul, je trouve que le score n'était pas si "petit" que ça... Maintenant ce n'était pas parfait. Et puis ma "clientèle", c'est 18h ! En revenant sur cette case, je prends moins de risques.

Vous dites "clientèle"....
Les gens qui me suivent. Je n'aime pas le mot fan. Je préfère "mon public"...

Quel âge à votre public, d'après vous ?
Franchement, entre 11 et 20 ans, 25 ans en étant gentille. Pas plus. Regarder mon émission en famille, c'est chaud ! Les gamins regardent Allo Nabilla ou Les Anges lorsque leurs parents sont encore au boulot. A 20h50, ce sont les adultes qui tiennent la télécommande. Et la téléréalité, ce n'est pas leur délire.

"La première saison, c'était faux cul ! Personne n'osait parler"

Que va-t-on voir dans les épisodes qui seront diffusés cet été ? Votre emménagement à Paris avec Thomas ?
On sera dans un milieu plus vrai que Los Angeles. Ce sera ma "vraie" vie. On me verra travailler, au quotidien. Il y aura notamment ma rencontre avec Jean Paul Gaultier. Mais aussi mon travail sur ma collection de fringues... et puis ma vie avec famille, ma grand-mère en particulier, qui ne peut pas blairer mon mec.

Pourtant dans la première saison ils avaient l'air de bien s'entendre...
Mais parce que la première saison, c'était faux cul ! Personne n'osait parler, tout le monde voulait faire bonne impression. Sauf qu'au bout d'un moment, tout a pété. Même la production n'arrivait pas à suivre. Dans la deuxième saison, on verra de vraies embrouilles de famille, comme avec mon petit frère qui veut aller chercher du travail en taxi... et moi qui lui dit de prendre le métro comme tout le monde !

Et Thomas, votre petit ami ?
Il est là, il essaie de motiver mon petit frère à bosser, il prépare l'ouverture de son restaurant... On n'est pas d'accord sur plein de trucs et on s'embrouille pas mal. Comme souvent ! (sourires)

On vous verra aussi au Japon, à Tokyo. Puis ce sera terminé pour Allo Nabilla ?
Oui, je passe complètement à autre chose après. D'abord ma collection de fringues, pour le mois de septembre. C'est un truc pour les jeunes, pas comme tous les autres genre Shy'm, avec des t-shirts à 200 euros. Moi je fais quelque chose pour les jeunes, avec des prix abordables entre 20 et 100 euros. Après j'ai deux ou trois autres projets mais je ne veux pas trop en parler pour ne pas me jeter le mauvais œil. A chaque fois que je le fais, ça tombe à l'eau ! Je préfère ne pas me la péter, et dévoiler les choses lorsqu'elles sont prêtes. J'ai 21 ans, j'essaie de me faire ma place. De trouver un travail à la radio, à la télé ou dans le cinéma. Pouvoir vivre de ma passion.

"Le Mag sur NRJ12, je pourrais l'avoir en claquant des doigts"

En novembre dernier, vous ne disiez que si on vous retrouve un jour chroniqueuse dans le Mag de NRJ12, ce sera un échec...
Je le pense toujours. Le Mag, c'est quelque chose que je pourrais avoir en claquant des doigts. Sauf que je me suis fixée un challenge personnel. Bien sûr ça pourrait me rapporter de l'argent. Mais il y a des choix à faire...

Vous auriez peur d'être enfermée dans l'univers de la téléréalité ?
Carrément. D'ailleurs si les gens du cinéma s'intéressent aujourd'hui à moi, c'est parce que je suis encore "blanche", parce que je n'ai pas fait plein de trucs...

Lisa Azuelos, la réalisatrice de LOL, a dit qu'elle voudrait vous faire tourner. C'est concret ?
C'est concret, il y a un projet en cours. Après, ce qu'il faut savoir, c'est qu'entre l'écriture, la réalisation et la sortie, un film prend du temps. Un an, voire deux. Mais j'ai revu Lisa à Cannes et elle n'a pas parlé pour rien.

Vous vous voyez en tête d'affiche ? Dans un second rôle ?
Plutôt un second rôle. Un premier, ce serait risqué, parce que je n'ai pas l'expérience. Je me verrais bien donner la réplique à quelqu'un de drôle. Par exemple comme Stéphane De Groodt, avec lequel j'ai tourné quelque chose pour le prime de mardi prochain, sur Canal + (ils s'étaient croisés sur le plateau du Supplément, une séquence qui avait buzzé sur les réseaux sociaux – ndlr). Un petit rôle sympa, j'aimerais bien. Après j'ai l'impression que dans ce milieu, pour gravir les échelons, tout est long. Qu'il faut sans cesse prouver... Tout le temps.

"Europe 1, c'est la classe, c'est une belle image"

Vous êtes impatiente ?
Oui, je suis impatiente. J'ai des périodes où je suis hyper occupée, et puis des périodes de creux terribles. Dans ce milieu, tout dépend d'un coup de fil. "Tiens, salut c'est Hanouna je vais te proposer un truc..."

Alors, Hanouna. Vous allez le rejoindre à la rentrée ?
Franchement j'aimerais. Europe 1, c'est la classe, c'est une belle image. Pour moi ce serait une réussite.

Nabilla à la radio plutôt qu'à la télé, c'est surprenant...
C'est trop cool, oui. Avec des gens comme Bigard, ça pourrait créer un vrai contraste. J'ai envie d'apporter un avis jeune autour de la table, celui d'une meuf de 20 ans qui "représente" les gens qui utilisent les mêmes mots qu'eux.

Vous avec l'impression d'être une nana de 20 ans comme les autres ?
J'ai sans doute vécu plus de trucs. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Sans m'en apercevoir, je me conduis comme une fille de mon âge. Maintenant c'est vrai, j'ai sans doute vécu plus de trucs que la plupart. J'ai appris des mots !

Genre ?
Inconditionnel ! (rires) Dans ma tête, j'ai 30 ans, facile. Mon mec me le dit souvent : tu n'as pas le regard d'une fille de 20 ans. J'ai des copines qui sont insouciantes, qui pensent qu'elles vont être jeunes toute leur vie. Qu'elles ont le temps. Moi j'ai une soif terrible de réussir, une soif d'entreprendre. Et quand ça n'avance pas, je déprime.

"Patrick Sébastien quand je vais le voir en face, ça va barder"

Cette envie de réussir, ça explique les clashes à répétition ?
J'ai été clashée par plein de gens. A commencer par Laurent Ruquier. Après, je suis désolée, je n'ai rien fait de mal. Ok, je manque de culture. Ok, j'ai refait ma poitrine. Mais on ne peut pas me pénaliser pour ça.

Patrick Sébastien a eu des mots très dur à votre égard...
Il a dit chez Laurence Ferrari que la téléréalité était une branche de la prostitution ! Oui je m'habille sexy. Mais je ne vais en boîte faire des trucs comme lui. On le connaît... Quand je vais le voir en face, ça va barder. L'équipe de Laurence m'a défendu et il a insisté... Franchement il faut qu'il arrête avec son cabaret et ses chansons sur les sardines. Je ne peux pas le voir. Ecrivez bien ça : il abuse et ses propos vont trop loin.

Avec Ayem, vous étiez vraiment copine ?
C'est de l'amour qui s'est transformé en haine. Comme avec un ex. Si on se déteste autant, c'est qu'on s'est aimé. Le truc, c'est que l'élève a dépassé le maître. Elle m'a appris le système, la presse. Qu'il fallait persévérer, soigner son image, ne pas être trop trash. C'était comme une mère. Et puis il y a eu ce buzz qui a créé des jalousies. Ca m'a appris que si on voulait garder ses amis, il ne fallait pas essayer de les surpasser. Ne pas leur montrer en tout cas. Sauf que ça fatigue au bout d'un moment. Lorsque je voyais Ayem, il fallait lui donner l'impression qu'elle était au-dessus de moi. Alors que je faisais plus de bruit qu'elle. Je l'ai perdu, tant pis. Il y en aura d'autres !

On sent bien que vous essayez de changer d'image. Êtes-vous parfois sollicitée par des associations, des ONG ?
Tout le temps. Mais je sais que si je le fais pour de mauvaises raisons, ça va me retomber dessus. Je préfère attendre d'être prête. Faire semblant, pour l'image, ça ne m'intéresse. Je ne vais pas aller aider les enfants en Afrique du jour au lendemain. Pour faire ça il faut avoir un vrai projet, de vraies rentrées d'argent. Et aller vraiment là-bas pour aider. Pas mettre sa tête sur une affiche. Pour l'instant, ça me fait un peu peur.

"Hollande, faut reconnaître qu'il est un peu ennuyeux"

Et avoir un enfant à vous ?
Franchement toujours pas. Je n'arrive pas à me projeter. Déjà que je n'arrive pas à m'occuper de moi-même. Alors vous imaginez d'un enfant ! Mais bon, on verra. Lorsque j'aurais 25, 26 ans. Aujourd'hui je gagne un cachet par-ci, par-là. Je n'ai pas un travail stable comme les gens qui sont à l'antenne tous les jours. Qui ont un salaire. Et je n'ai pas envie d'accepter n'importe quoi pour l'argent. Genre faire des sonneries de téléphone bidons. On m'a proposé 20 000 euros pour dire "si ton ex te trompe..." (rires). Je préfère penser à long terme.

Vous avez clashé François Hollande sur Twitter , en lui faisait remarquer vous aviez plus de followers que lui....
Ce sont mes fans qui me l'ont fait remarquer. Je me suis dit, c'est le président, il faut le taquiner un peu. Soudain j'ai eu 2 000, 3 000, 5 000 retweets !

Le fait que vous ayez plus de followers que lui, ça en dit long sur l'époque, non ?
C'est abusé ! (rires) C'est notre époque, c'est comme ça. Les gens préfèrent me suivre. Pourtant il a fait du buzz. Mais pas assez. Faut reconnaître qu'il est un peu ennuyeux. Regardez Chirac. Tout le monde l'aimait, non ? Il est passé deux fois. Avec François Hollande, c'est la première fois que je vois des personnalités publiques se moquer autant du président. Même Sarko inspirait plus le respect. C'est triste.

La France qui vote à 25% pour le FN aux élections européennes, ça vous inspire quoi ?
Franchement ça me fait flipper. Moi qui suis moitié italienne corse, moitié algérienne... Je me rappelle que mon père a souffert du racisme lorsqu'il est arrivé en France. C'était dur pour lui. Pour trouver du travail, dans le regard des gens. A l'époque on disait à ma mère que c'était la honte d'être avec un sale arabe ! Sauf que la France, ce n'est pas ça.

Vous vous voyez partir vivre durablement aux Etats-Unis ?
Ah non surtout pas. J'aime la France. Avant j'en avais une image un peu conservatrice mais en voyageant je me suis rendue compte à quel point c'était formidable de vivre ici.

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