"Presque comme les autres" : comment faire jouer la comédie à un enfant autiste ?

"Presque comme les autres" : comment faire jouer la comédie à un enfant autiste ?

FICTION – C'est un acteur (presque) comme les autres. A l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, France 2 diffuse "Presque comme les autres", une fiction dans laquelle Bernard Campan et Julie-Marie Parmentier donnent la réplique à Côme, un jeune autiste de 4 ans. Renaud Bertrand, le réalisateur du téléfilm qui s'inspire de la véritable histoire de Francis et Gersende Perrin, revient sur cette formidable expérience humaine.

C'est un téléfilm aussi bouleversant qu'essentiel. À l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, France 2 diffuse Presque comme les autres, une fiction inspirée de l'histoire de Francis et Gersende Perrin, dont le fils a été diagnostiqué autiste à 3 ans. Réalisé par Renaud Bertrand (Clara Sheller, Sa raison d'être), le film suit le combat de Séverine (Julie-Marie Parmentier) et de Christophe (Bernard Campan), deux comédiens parents d'un petit garçon autiste.

A 3 ans, Tom ne parle pas, n'est pas propre et a des comportements étranges. La crèche refuse de le prendre et les médecins minimisent le problème. Pire, certains accusent même les parents d'être responsables de l'état de leur fils. "Faites le deuil de l'enfant dont vous rêvez", leur balance même un ponte de l'hôpital Necker.

"Et encore, c'est bien en dessous de la réalité", rectifie Renaud Bertrand. "C'est une version édulcorée de ce que de nombreuses familles d'enfants autistes vivent tous les jours. C'est important de sensibiliser le grand public car la France est très en retard par rapport aux autres pays d'Europe. Notre film n'est pas là pour accuser mais montrer la réalité brute et poser des questions."

 

"J'ai beaucoup observé Côme pour voir ce qui lui plaisait et ce qui le mettait en colère"

Pour être le plus juste possible, Renaud Bertand a tenu à faire appel à un jeune autiste pour jouer le rôle de Tom. "Car pour la chaîne ce n'était pas évident ", admet le réalisateur qui a trouvé la perle rare avec l'aide de Francis et Gersende Perrin. "Ils m'ont mis en contact avec la maman de Côme. Quand je l'ai rencontré, j'ai tout de suite ressenti quelque chose de très fort pour lui. On a fait des essais qui ont été concluants." 

Et le résultat est aussi bouleversant que troublant car Côme n'est évidemment pas un comédien comme les autres. Toute l'équipe a dû s'adapter au petit garçon, et pas le contraire. D'ailleurs, comment communique-t-on avec un enfant autiste qui ne parle pas ? "C'est un peu mystérieux", admet le réalisateur, qui admet avoir été bouleversé par sa rencontre avec le petit garçon. "Je l'ai beaucoup observé pour voir ce qui lui plaisait, ou au contraire ce qui le mettait en colère". 

Avec la maman de Côme, ils ont ensuite adapté le scénario en fonction de ses réactions. "J'ai essayé de provoquer les choses, poursuit Renaud Bertrand. J'avais remarqué que Côme était fasciné par l'eau. C'est comme ça qu'on a réussi à filmer une scène de grande complicité entre lui et Bernard Campan, autour du robinet dans la cuisine. Idem pour la scène finale, dans laquelle il sourit à son père. J'ai joué un air d'Opéra car Côme est fasciné par la musique. Il était véritablement transporté et ça a un vrai moment de grâce. Je me demande d'ailleurs s'il n'a pas eu une forme de conscience de ce que j'attendais de lui aussi", s'interroge encore le metteur en scène.

"J'ai voulu que Louis Perrin joue dans le film pour montrer que l'autisme n'est pas une fatalité.

N'y a-t-il pas eu des moments difficiles ou des crises à gérer ? "Non, pas plus que dans le film. Il n'y a eu que deux moments pénibles : quand Tom est à l'hôpital, car il déteste les blouses blanches et il n'aime pas trop qu'on le touche. Et la scène où il a fait une petite crise dans son parc, et que j'ai réussi à capter." 

Pour prouver à ceux qui douteraient encore que les autistes ont de grandes capacités s'ils sont correctement pris en charge, Renaud Bertrand a demandé à Louis Perrin de tenir un rôle dans la fiction qui raconte sa vie. Le jeune garçon autiste qu'on découvre à la fin de la fiction, c'est lui. "J'ai voulu que Louis joue dans le film pour montrer qu'avec les méthodes adaptées, l'autisme n'est pas une fatalité", poursuit le réalisateur. "Aujourd'hui Louis va bien, il parle plusieurs langues et il est brillant à l'école. Quand je pense qu'on avait dit à ses parents de faire son deuil…". Une belle leçon de vie. 

Presque comme les autres, ce soir à 20 h 55 sur France 2.

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