"The Leftovers" : Justin Theroux est "heureux de laisser partir Kevin, même s'il est devenu une partie de [lui]"

"The Leftovers" : Justin Theroux est "heureux de laisser partir Kevin, même s'il est devenu une partie de [lui]"

DirectLCI
INTERVIEW - La troisième et dernière saison de "The Leftovers" débutait ce dimanche sur HBO et lundi soir en France sur OCS. L'occasion pour LCI de rencontrer Justin Theroux, qui incarne Kevin Garvey, en table ronde lors du Festival Séries Mania à Paris.

The Leftovers a commencé à tirer sa révérence ce lundi 17 avril sur OCS avec le premier épisode de la saison 3. A l'occasion du Festival Series Mania qui se déroule au Forum des Images à Paris du 13 au 23 avril, LCI a rencontré son acteur principal, Justin Theroux, quelques heures après la cérémonie d'ouverture où était projetée les deux premiers épisodes de cet ultime chapitre. Basée sur le roman Les Disparus de Mapleton, de Tom Perrotta, la série raconte comment vivre et se reconstruire après la disparition de 2% de la population mondiale. 


The Leftovers sait nous émouvoir, nous toucher profondément, nous faire pleurer, sourire, nous questionner sur notre propre vie et nos propres désirs... Mais il est temps d'achever notre voyage intime et commencer à faire nos adieux... Rencontre avec Justin Theroux.

Journaliste : The Leftovers, ça parle de quoi réellement ?

Justin Theroux : Ça ne parle pas seulement d’une chose, mais de plusieurs : la perte, le deuil, l’apocalypse, le sens de la vie, la croyance religieuse. Je pense qu’elle parle de ces sujets qu’on n’aborde pas vraiment devant un petit déjeuner, parce que c’est déprimant notamment. Mais la série est une manière sûre de les explorer, que ce soit avec les épisodes en eux-mêmes, ou les discussions qui peuvent en découler après visionnage. Sans être prétentieux, il s’agit vraiment du sens de la vie, comment réagir après un tel événement, comment aller de l’avant, pourquoi se lever du lit chaque matin. L’apocalypse qui se déroule dans les premières secondes de The Leftovers est une métaphore pour toutes les mini-apocalypses qui arrivent dans nos vies : la perte d’un être cher, des conflits en tout genre.

Journaliste : Quel est votre point de vue sur la fin ?

Justin Theroux : Je n’en ai pas vraiment parce que c’est le genre de série qui pourrait prendre fin n’importe quand. Je sais que cela serait plus satisfaisant d’avoir un point d’exclamation à la fin plutôt qu’un point d’interrogation, mais Damon Lindelof le dit depuis le début : il n’y a pas de réponse à la disparition des 2%. Nous allons juste continuer à suivre ces personnages lutter de différentes façons pour continuer leur vie. Et nous ne donnerons jamais la signification du sens de la vie, parce qu’on ne peut pas (rires). La fin va faire réagir les fans.

Journaliste : Qu’est ce qui change cette saison ?

Justin Theroux : La grosse différence, surtout concernant Kevin, c’est qu’il peut être vu comme un sauveur. S’il est réticent à l’idée d’être vu comme Jésus, ses proches le voient comme quelqu’un qui pourrait les sauver de l’apocalypse, parce qu’une série d’événements exceptionnels lui sont arrivés, quelque chose de miraculeux. Il y a aussi un gros changement géographique, puisque les personnages vont se rendre en Australie, mais leurs problèmes les suivent.

Journaliste : Comment vous êtes-vous sentis lors de la toute dernière scène que vous avez tournée ?

Justin Theroux : Il s’avère que c’était un jour vraiment atroce. Damon peut vous le confirmer : j’étais ailleurs, les conditions étaient difficiles et c’était sûrement ma scène la plus importante de la série, ou de la saison plutôt. La barre était haute, donc c’était un dernier jour difficile et plutôt inconfortable. Personnellement, j’ai l’impression de ne pas avoir été à la hauteur, surtout que tout le monde était là pour ce dernier jour.

Journaliste : Quelle est la scène la plus inconfortable que vous ayez eu à tourner ?

Justin Theroux : Je pense que c’est la scène du karaoké. Mais en même temps, Damon Lindelof aime me sortir de ma zone de confort, donc il m’a envoyé un e-mail pour me demander si je savais chanter, et j’ai dit : "Oh, non… !" et je pensais que c’était peut-être une scène où Kevin marchait sur le bord de la route, chantonnant à lui-même. Je n’aurais jamais pensé à une scène de karaoké ! C’était une belle chanson, devant une cinquantaine de personnes, avec les lumières braquées sur moi… Mais on m’a donné un super conseil avant de la tourner, en me disant que Kevin ne savait pas chanter, cela m’a enlevé de la pression. Donc je n’avais pas vraiment à essayer de bien chanter. Et au final c’était une très belle séquence, j’ai dû laisser l’émotion prendre le pas sur le reste.

Journaliste : Qu’est ce que vous aimez le plus à propos de Kevin ?

Justin Theroux : J’aime le fait que ce soit un mec bien, c’est quelqu’un qui essaie toujours de contrer le malchance, il veut le bien de sa famille, même s’il ne réussit pas toujours. Je l’admire pour les efforts qu’il fait.

Journaliste : Va-t-il vous manquer ?

Justin Theroux : Je suis heureux de le laisser partir. Si Damon venait me voir pour une saison 4, je ne serais pas sûr de la faire… Enfin, qui sait ?, si c’est une bonne idée. Mais ce n’est pas un personnage que j’ai envie d’incarner des années, même si c’est devenu une partie de moi. Ce qui va me manquer c’est l’expérience de faire la série, l’équipe, le casting.

Journaliste : Est-ce que The Leftovers a changé votre état d’esprit concernant la foi et la religion ?

Justin Theroux : Non, cela a confirmé ce que je croyais déjà. Je me considère comme un athée qui préférerait être agnostique. Mais je comprends qu’il soit réconfortant de penser que nous allons retrouver nos proches en mourant, de croire que quelqu’un a un plan pour nous et prendra soin de nous . Mais je pense que la science et le manque de preuve ont montré que ce n’était pas le cas.

Plus d'articles

Sur le même sujet