Son élimination surprise au 1er tour ? Pour Jo-Wilfried Tsonga, c’est juste "la magie de Roland-Garros"

Son élimination surprise au 1er tour ? Pour Jo-Wilfried Tsonga, c’est juste "la magie de Roland-Garros"

PHILOSOPHE – Jo-Wildried Tsonga a brutalement pris la porte dès le premier tour de cette édition 2017 de Roland-Garros en s'inclinant ce mercredi face à un inconnu, Renzo Olivo (5-7, 4-6, 7-6, 4-6). Mais le Français n'en fait pas tout un plat et relativise.

Comme la vie est irrémédiablement liée à la mort, le rêve est indissociable du cauchemar. Celui de Jo-Wilfried Tsonga jouait en t-shirt son tout premier Roland-Garros : l’Argentin Renzo Olivo, obscur 91e joueur mondial, qui l’a éliminé dès le premier tour de ces Internationaux de France. Cela n’était plus arrivé au Manceau, 11e du classement ATP, depuis 2005. 


Ce qu'il s’est passé ? Le petit jeu qui a dû être disputé ce mercredi, pour cause d’interruption la veille au soir à 22h, résume à lui seul la drôle de teneur de ce match : alors qu’il s’agissait de sa dernière chance puisqu'il était mené deux sets à un et 5-4, le Français a envoyé des coups hors des limites du terrain et s’est retrouvé mené 0-40 sur son service, avant de revenir à égalité avec panache, de prendre un avantage qui lui aurait permis d'égaliser à 5-5 dans ce 4e set (le rêve)… puis de s’écrouler sur les deux points suivants (le cauchemar). Résultat : 5-7, 4-6, 7-6, 4-6. Un vrai tremblement de terre (battue).

Je ne connaissais pas beaucoup mon adversaire...Jo-Wilfried Tsonga

Enfin, pas pour l’intéressé, à le voir rire et plaisanter dès sa sortie du court, dans les entrailles du Philippe-Chatrier. Et quand LCI lui a demandé s’il s’attendait à autant souffrir, c’est sur un ton on ne peut plus paisible qu’il nous a répondu ceci : "Oui, je savais que ce serait dur, même si je ne connaissais pas beaucoup mon adversaire. Un premier tour est toujours difficile parce qu’il faut prendre ses marques… Dès le départ, je n’ai pas eu mes meilleures sensations. Je ne suis pas arrivé à trouver le bon rythme. Ce qui ne m’a empêché d’avoir le niveau requis pour un tel tournoi. Alors je me suis battu avec les armes qu’il me restait, comme quand j’ai égalisé après avoir été mené 0-40 dès la reprise… Si l’interruption m’a aidé ? La preuve que non (rires). C’était un peu un autre match qui commençait. Ce n’est pas évident à gérer."

Dans sa réponse, c’est cette histoire de "sensations" qui nous a interpellé. On lui a donc demandé quelques précisions. "Ma balle ne sortait pas de la raquette comme j’en avais vraiment envie, a-t-il alors décrit. Mais si je savais pourquoi, j’aurais fait en sorte que ça change (rires)." Sérieusement, on touche ici au cœur de ce qui fait la complexité d’un sport aussi hautement psychologique que le tennis. 


"Je me sentais bien physiquement, a repris Jo-Wilfried Tsonga. Il y a une semaine, j’ai remporté mon premier tournoi sur terre battue (ndlr :  à Lyon) et j’ai échoué ici. D’autres fois, j’étais mauvais sur terre battue puis j’étais bon à Roland-Garros. C’est le paradoxe du tennis. C’est un sport cyclique. Des fois il y a de la joie, d’autres fois des déceptions." Une carrière, dès lors, n’est plus qu’une question de proportions.

Olivo s'excuse !

Mais au fait, et son adversaire dans tout ça ? "Vraiment, c’était inespéré. Je suis désolé pour Paris, s’est excusé (!) Renzo Olivo dans un français impeccable. J’ai eu beaucoup de mal à m’endormir la nuit dernière, je me suis couché à 1h du matin. Mais j’ai su rester calme aujourd’hui. Contre un joueur de ce niveau, il faut simplement se battre sur chaque point. J’y ai mis toute mon énergie." Voilà pour ce que ce sport a de plus basique. 

Son bébé l'attendait à la sortie de la salle de presse

Sur sa complexité, Tsonga s’est fait philosophe : "Je n’ai pas à rougir de mon match, je me suis battu mais je n’y suis pas arrivé. Je n’ai pas de regrets. Je suis triste de quitter ce tournoi aussi tôt mais je ne ressens pas de frustration. Dans quatre semaines, il y aura un autre Grand Chelem (ndlr : Wimbledon). Les explications qu’on peut donner ne dépendent que du résultat. Il (Olivo) a renvoyé toutes mes balles. C’est la magie de Roland-Garros et du tennis."  S’agit-il, tout de même, d’un brutal coup d’arrêt à ses yeux ? "Non, je ne le ressens pas comme ça. J’ai gagné à Lyon la semaine dernière ! Des fois, on joue bien dans un Grand Chelem, des fois, dans un autre. Il faut l’accepter pour garder le moral et la motivation." 

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VIDEO - La minute smart #Roland-Garros

Le cauchemar tel qu’on l’avait perçu aura été de courte durée : à sa sortie de la salle de presse, sa compagne et son bébé attendaient Tsonga derrière la porte. Il a pu aussitôt les prendre dans ses bras. Comme dans un rêve.

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