Tour de France : Romain Bardet peut-il gagner ?

Tour de France : Romain Bardet peut-il gagner ?

COCORICO - Troisième au classement général, à 27 secondes du leader Christopher Froome, Romain Bardet (AG2R) va devoir déployer des trésors de panache et d'explosivité pour s'octroyer une chance de remporter le Tour de France, à l'occasion de la dernière étape alpestre, au sommet de l'Izoard, ce jeudi.

Une victoire du français Romain Bardet (AG2R) ? "C'est possible", et c'est Jean-René Bernaudeau, manager de l'équipe Direct Energie et coéquipier du dernier vainqueur français du Tour (Bernard Hinault en 1985) qui le dit. Pour le patron de Thomas Voeckler, le jeune Bardet a "la force et l'expérience" pour être le premier Français à gagner la Grande Boucle en plus de 30 ans. Mais de quoi aura-t-il besoin ?

Les raisons d'y croire

Le Britannique Christopher Froome (Sky) reste le favori de tous les bookmakers, mais Romain Bardet est son challenger le plus sérieux. Excellent grimpeur, descendeur hors-pair, le Français de 26 ans se sent "plus fort que l'an dernier", où il avait terminé deuxième, comme il l'affirmait ce lundi dans une interview à L'Équipe. Après avoir fait exploser Fabio Aru lors de la terrible étape à trois cols (Croix-de-Fer, Télégraphe, Galibier) du 19 juillet, sans toutefois réussir à décramponner ni Froome, ni Uran, Bardet a montré sa force. "J'ai ma chance autant que les autres", glissait lors de la journée de repos celui qui, ce mercredi, voulait d'ailleurs attaquer encore plus tôt.

"Si, en montagne, les écarts restent comme ils sont, Froome devrait gagner"Frédéric Grappe, directeur de la performance du team FDJ

Après sa victoire éclatante à Peyragudes, le 13 juillet, Romain Bardet colle au train de Christopher Froome, qui a repris son maillot jaune. Il profite de l'audace de l'équipe AG2R, "la seule qui attaque la Sky", estime Richard Virenque sur Europe 1. Suffisant pour voler le maillot jaune à Froome avant les deux dernières étapes, à Marseille et Paris ? 

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Izoard, dernière chance

Pour l'emporter, l'Auvergnat devait "prendre plus de temps dans la montagne", jugeait Frédéric Grappe. Mais, s'empressait de préciser le directeur de la performance de l'équipe FDJ, "les écarts en montagne sont de plus en plus rares. Nous ne sommes plus à l'époque où un coureur pouvait partir tout seul devant et prendre du temps". Ce qui s'est vérifié au sommet du Galibier où, malgré trois solides banderilles plantées dans le peloton des favoris, Bardet ne s'est débarrassé, ni de Froome, ni de Rigoberto Uran, l'autre menace du classement général. Excellent gestionnaire de sa course, le discret Colombien s'est même payé le luxe de passer devant le leader AG2R au général, le devançant... d'un millième. Le mérite de l'étape aura été d'éloigner Fabio Aru, alors deuxième, du podium.


Que reste-t-il à espérer pour Bardet ? Un feu d'artifice dans le col de l'Izoard. Ça tombe bien, le Français a toujours jugé que ce serait le juge de paix du Tour. L'arrivée au sommet, après 14,1 kilomètres de montée à 7,3%, devrait fixer tout le monde. Si Bardet compte plus d'une minute d'avance sur Froome, tout est possible. Sinon...

Froome est-il prenable ?

Ainsi pourrait-on résumer l'équation d'une éventuelle victoire de Romain Bardet : Froome, qui a répondu à chacune de ses attaques à la fin du Galibier, tiendra-t-il le rythme lors du dernier col du Tour ? Si l'arrivée à Peyragudes avait jeté le doute sur l'état physique du leader de la Sky, ce dernier a prouvé, deux jours plus tard, qu'il restait le patron après avoir rattrapé un retard de 50 secondes, causé par un problème technique.


Il fait peu de doute que Chris Froome frappera un gros coup lors du contre-la-montre de Marseille, à la veille de l'arrivée. "Il devrait gagner, pronostique Frédéric Grappe. Froome est hyper régulier, et ne connaît jamais de 'jour sans' sur les chronos."


Pour grapiller des secondes à Froome lors des étapes de montagne, Bardet devra vaincre la Sky. "Avec leur force collective, ce sera difficile de placer des attaques s'ils imposent un tempo fort", analyse Frédéric Grappe. Attention également à Rigoberto Uran qui, même s'il en a perdu, ne reste pas manchot dans l'exercice du contre-la-montre. "Si les principaux protagonistes attendent les derniers kilomètres, ça va être très compliqué pour Bardet. Il faut que la bagarre démarre tôt." Cela fait beaucoup de "si"...

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